Le découplage Homme - Nature est grave. L'anthropocentrisme (qui caractérise notre "civilisation" depuis belle lurette) a donné naissance au concept, à la base, corrupteur, d'"environnement".
On ne peut pas comme ça, bien sûr, "revenir à une situation de "peuples premiers" vivant en pratiquement symbiose dans la forêt et ça n'est pas l'objetif. Toutefois, au lieu de se considérer "dans la nature", avec elle, d'en faire intégralement partie ou d'y viser, en petits groupes, l'Homo Sapiens (on peut lui retirer au moins un "Sapiens"), devenu Industrialus, dont l'"explosion démographique" fut (et est) une bombe qu'il a voulu "aménager", l'Homme donc s'est extrait de cette nature - non pas environnante mais "Mère", "maison", au sens d'écosystème. Il l'a mise à distance en la domestiquant, plus, en la dominant, en la coupant, en la déstructurant, en la souillant, en la torturant, en la violant - au figuré comme au propre - bref en l'exploitant DONC en la méprisant dans tous les sens possibles et ceci à grande échelle, sans en avoir d'abord tellement mauvaise conscience puisque son attitude est soutenue par des valeurs, recyclées par l'éducation, de possession, d'accaparement, de domination, de compétition, de productivité, de compétitivité - et on fait passer tout ça pour "dynamisme" et "progrès". Cette folie productiviste est relayée par les "'ordres" à consommer déguisés en publicités plus ou moins subtiles, mouvements de société, séductions trompeuses... De manière à faire avaler tout ça.
:paf
Cette fuite en avant nous a mené là où nous en sommes, à savoir à une catastrophe d'ordre planétaire (déréglement général, pas seulement climatique, mais de l'écosystème terrestre, marin, et pollutions profondes donc atteinte à la vie), catastrophe en mesure d'être non pas évitée (dans le sens où c'est parti, impossible) mais vécue au mieux par atténuation maximale.
Encore faut-il agir, et accepter la volonté de changer (plutôt que de ne faire que se lamenter), de bouleverser des habitudes, des modes de vie, et même un modèle de civilisation - en tous cas de voir, d'aller au-delà des intérêts égocentriques, des lobbys pollueurs, d'exiger des grands groupes une remise en cause et une participation active pour tout arrêter au plus vite, de concert (planétairement - même si ça semble a priori difficile) et non pas par quelques mesurettes, quelques avancées partielles (même si c'est toujours ça de fait), dans son coin, avec ou sans tel ou tel Etat majeur et déjà vieux pollueur - ce qui caractérise vraisemblablement ce Grenelle de l'Environnement qui vient de se tenir en France.
Nous sommes dépendants de ce qu'on nous propose, ce qui porte la responsabilité sur toutes les industries, les industriels, les fabriques, voire sur les entreprises et agences de publicité, leurs financiers et leurs soutiens, à un niveau global; rien ne sert, comme les grands groupes le font aujourd'hui scandaleusement, de culpabiliser sans cesse l'individu, celui qui est pris dans le système: certes, chacun se doit de faire les efforts qu'il peut faire, se doit d'acheter, de consommer si possible moins, mieux, de s'informer, s'il en a la capacité, et d'informer à son tour pour mieux acheter, mieux choisir, mieux utiliser; chacun aussi peut agir à un niveau politique, par lui-même, au sein d'une association, d'une organisation, de n'importe quel parti, quoi que ce soit.
🙂
Cependant donc, on ne choisit pas de naître et de vivre, de travailler en utilisant des produits issus d'activités polluantes et pour une part, une, des voitures: on y est bien souvent forcé, à moins de décider, au mieux le plus tôt, de ne pas faire ceci cela plus tard et d'agir, de préparer le terrain en fonction des possibilités. En effet, on se retrouve pris dans un système qui ne nous donne pas non plus tellement le choix, et non pas seulement en terme de moyens financiers personnels.
On voudrait bien, par exemple, que les modes de production biologiques soient beaucoup plus développés en France, ce qui permettrait -en minimisant les coûts écologiques relatifs à l'importation, à l'emballage et avec de nouvelles aides, qui seraient issues d'une nouvelle donne politique internationale (ex. PAC) -, outre l'abandon des pesticides et autres saloperies par remplacement de solutions naturelles, cela permettrait de relocaliser, d'en rendre les produits plus abordables et accessibles et ainsi d'entraîner un cercle vertueux; or cette direction est empêchée par les politiques menées en particulier depuis l'après seconde guerre mondiale, avec des différences nationales bien évidemment.
Les nouvelles directions actuelles restent timorées et arrivent bien tard, alors que les nappes phréatiques, les cours d'eau, les terres sont déjà grandement pollué/es, forçant les pays qui le peuvent à l'usage de moyens de plus en plus coûteux pour traiter les eaux usées et pour produire de l'eau potable, pas excellente non plus -les eaux minérales et même de source ne sont pas non plus épargnées. Surtout, par l'usage de ces moyens techniques, on a oublié à quel point la nature était souillée, par excès, par fabrication de produits toxiques mélangés à l'eau, à la terre, qu'ils soient ménagers, cosmétiques, agricoles, industriels - ce qui engendre de fait, sans détailler, une atteinte certaine à la santé de l'Homme, qui retrouve ces polluants "dans son assiette", sur et dans son corps.
Bon, assez discouru sur les méfaits du système: tout être humain impliqué se doit ("devoir" éthique, optimiste et non diktat) de continuer à pousser vers le changement, un changement au mieux radical et général.
Malgré cet appel à l'action de tous, encore une fois que l'on cesse de culpabiliser les usagers comme on le fait en insistant dans les médias sur la responsabilité individuelle (c'est bien beau) quand ce sont les choix des industriels et des politiques qui sont avant tout à mettre en cause.
Il faut donc savoir faire les bons choix. En l'absence d'électrochocs, bientôt les récalcitrants, les vrais responsables se rendront compte qu'ils n'ont plus le choix, à moins de tout laisser se déglinguer encore plus par défaitisme et par manipulation, endormissement des consciences, qui face aux catastrophes n'auront plus qu'un sentiment de dégoût et d'impuissance. C'est pourquoi éviter le pire est une question de choix d'ordre général, global et non atomisé, partiel, qui concerne au premier chef les grands responsables industrialo-médiatico-politiques.
Le "Grenelle de l'Environnement" a été critiqué et contré par une action réprobatrice à Lyon, qui le considère comme une tartufferie (au même titre que l'esbrouffe médiatique de la sphère marketing de N. Hulot); c'est une position certes mineure mais qui voit beaucoup plus loin, en refusant toute soumission au bon vouloir (ou plutôt mauvaise volonté) de lobbys industriels. A l'issue du Grenelle, Nicolas Sarkozy tient un peu les rênes des décisions à prendre et, pour faire pression, ont été dénoncées la médiocrité et la pâleur du résultat qu'on était en droit d'attendre d'une telle allégeance aux résistances patronales.
Par exemple, on a cru bon devoir vanter les "agrocarburants" (qu'on ose appeler "carburants verts" ou, pire, "biocarburants" - comme sur une honteuse pub de Citroën, alors qu'ils n'ont rien de bio) alors qu'ils constituent une fausse bonne idée car 1) l'énergie et les ressources en eau utilisées pour les produire sont plus élevées qu'il ne le faudrait, 2) les gaz générés à les brûler (en voiture) se révèlent être finalement presque aussi nocifs (sinon plus, selon certains analystes!) comparés à ceux issus du pétrole, 3) leur développement -qui devrait être stoppé- fragilise encore plus les sols, se fait au détriment des couverts forestiers (grand danger pour la biodiversité en milieu inter-tropical), fait augmenter le prix des denrées alimentaires faute de sols, accroît l'empreinte écologique, et (ouf) 4) ça ne modifie en rien le gaspillage - une fois de plus, c'est une manière de berner les consommateurs en les faisant payer une nouveauté même pas réellement efficace et, au contraire, pernicieuse: bref, les agrocarburants, une très mauvaise piste! Il en est d'autres, telle celle du nucléaire, qui masque le manque d'efforts en matière de renouvelables et surtout d'économies d'énergie: c'est un moins pis-aller pour le court-terme en terme de rejets en gaz, mais pas à long terme (pour les déchets, les risques) et sa part dans l'énergie consommée, si elle est de 80% en terme d'électricité, ne dépassera pas les 17% donc on ne peut pas compter dessus comme si c'était la solution.
Le journal "La décroissance" (lié au mouvement anti mauvaises pubs), qui s'est fait l'écho des contestations, porte un nom à tendance quelque peu provocatrice; or il n'est pas question de pousser à décroître en soi (sinon de faire décroître la démographie -hardu-, décroître les productions et les actes polluants et déresponsabilisés, bien sûr, car il faut en tous cas améliorer intelligemment la situation des plus indigents) mais de lutter contre l'idéologie de la croissance qui envahit les discours et les mentalités, l'idéologie du PIB, de ces indicateurs financiers trompeurs qui n'incluent ni le bonheur, ni la qualité de vie et celle des milieux naturels.
🙁
Il n'est pas question non plus de troquer une idéologie qui est en train de démontrer en plein sa stupidité pour une autre, réactionnaire, bloquante, naïve, qui évacuerait tout innovation techno-scientifique: l'objectif est de pouvoir vivre en harmonie au sein d'écosystèmes et d'un écosystème planétaire respectés, riches, équilibrés (et dans lesquels tout déséquilibre serait contré par un rééquilibrage). Ceci implique une remise en cause fondamentale des critères de "réussite". La compétition, effrénée, devrait progressivement cesser, par l'imposition de nouveaux objectifs à l'échelle de la terre. De nombreuses réflexions ont déjà émergé (depuis 1970) sur la critique du PIB (ou du PNB), indicateur imparfait, qui n'est pas fonction du bien-être et du bonheur et ne l'est pas du tout en matière d'écologie! Le PIB est une référence creuse, en ligne directe avec la pollution. Pourquoi pas un Indicateur de Bonheur Global, qui incluerait certains critères de calcul, pondérés par d'autres comme le "côut" lié à l'empreinte écologique totale?
A-t-on calculé (des analyses se développent) le véritable coût, écologique, écosystémique (global), de cette course au PIB? Il est immense, si grand que tout ce qui pollue devrait être payé tellement plus cher pour dépolluer -dans la mesure du possible!- qu'un tel coût dissuaderait beaucoup plus vite d'arrêter le massacre. Sans ajouter la souffrance faite aux animaux, dans l'atteinte de leur milieu naturel et par les modes d'exploitation terribles, pourtant très répandus, ici comme ailleurs.
J'ai remis en place le sujet en critiquant l'usage intempestif, en paticulier par les médias, du mot "environnement" (qui traite la nature comme une chose hors de soi alors que tout est relié), mais il faudrait encore critiquer le concept de "développement durable": développement de quoi, pourquoi vouloir à tout prix développer, pourquoi "durable" puisqu'il n'en existe pas dans l'histoire? Pourquoi masquer ainsi la volonté des puissants de préserver des intérêts économiques qui visent bêtement une croissance de l'enrichissement sur le dos de la nature et de l'équilibre vital? Pourquoi réclamer un développement, partant une croissance qui au lieu de résoudre les problèmes dans nos sociétés disons confortables, ne fait que les aggraver? Pourquoi développer toujours plus? Pourquoi mentir en faisant croire qu'en améliorant des aspects de la production, on pourra continuer sans cesse à "développer"? Pourquoi mentir en faisant croire que parce que certaines nuisances ont été amoindries, à grand renfort de marketing et de bonne-conscience, on va pouvoir continuer à croître (comme ces messages des livres religieux, inadaptés aux situations réelles)? Cette expression est l'expression d'un pouvoir économique aveuglé par sa place, aveuglé par lui-même.
La juste voie est étouffée par un système d'intérêts égocentriques, qu'il s'agit de bousculer ardemment, et donc aussi politiquement, avec un effet planétaire.
Et le naturisme, dans tout ça? Je le tiens pour manifestation de la simplicité volontaire, pour manifestation d'une orientation active (sans fausse culpabilisation) pour le respect de la nature et partant de l'être humain, l'un n'allant pas sans l'autre. Mais ça, vous le savez bien sûr.
Merci de m'avoir lu ! 😉
Message édité par : ourfarewell
Je ne peux qu'applaudir à quatre mains ! :=!
Je note en particulier la diatribe sur le mot "environnement" qui me donne également des boutons depuis longtemps car révélateur de la manière effectivement anthropocentrique de concevoir les choses.
Je te suis sur la plupart des points abordés, comme la culpabilisation à outrance dont nous sommes tous la cible depuis quelques temps.
Surtout, comme toi je pense que le problème le plus grave est le découplage entre la Nature et l'être humain. C'est pour moi aussi grave et aussi absurde que de vouloir dissocier l'esprit et le corps, la pensée et la matière.
Je n'en ajouterai pas davantage de crainte de ne pouvoir que paraphraser ton texte, ce qui serait inutile et vain.
Merci en tout cas de l'avoir écrit et d'avoir formulé ce qu'on a quelquefois du mal à exprimer.
Merci J.Y. pour ton commentaire.
Hier il y avait sur f2 l'émission "Mots croisés"... On s'est moqué un peu trop facilement de Paul Ariès ( http://www.decroissance.org/?chemin=textes , voir aussi les "insultes" ) mais les discussion à bâtons rompus avaient du bon. Apparemment comme on a reconnu les problèmes (l'erreur) des "agrocarburants" on s'orienterait vers un 2e génération, rebaptisée "algocarburants" (produit à partir d'algues). Reste que la meilleure solution, ça reste de trouver le moyen de faire avec moins plutôt qu'à peu près pareil autrement.
Mon commentaire :
Le développement est indispensable !
Sans lui, on mourrait à 45 ans en moyenne. 1 enfant sur 2 ne vivrait pas au dela de 1 an.
Voulez vous vraiment vous arrêter au stade actuel ?
C'est vrai pour la médecine, c'est vrai aussi pour la mise au point de voitures, d'avions etc moins polluants !
Ce qui est aussi indispensable c'est que les efforts de recherche et développement soient concentrés sur des technologies économes en ressources et peu polluantes.
C'est ça le développement + le durable.
Mon point de vue (et j'exagère un peu pour que la discussion ne s'endorme pas ) 😉
- la publicité ne crée pas le besoin. Elle accélère l'envie, le besoin existait déjà dans nos tête. C'est tout l'art des études de marché.
- sans croissance dans tous les domaines, pas de création de richesse. Et donc pas de progrès (en médecine comme ailleurs)
Cette idée est à rapprocher de l'expression "ça fait marcher le commerce" et donc c'est bon pour le pays.
Le pays doit tourner à plain régime pour payer plein d'impot qu'on puisse payer les chercheurs.
- à part le pétrole (et l'eau dans certaine régions, mais grace au progrès on fait des usines de désalement d'eau de mer )) , aucune ressource en se tarit actuellement.
- les ressources ne se tartissent pas. Leur prix augmente lorsque leur quantité diminue (et/ou que la demande augmente)
A nous (les électeur) de faire en sorte que la recherche vise les bons enjeux.
Et pour rire (quoi que..)
Supprimer des trucs inutiles
- le tourisme (vorace en carburants, voiture, cars, avions)
- la chanson (nombreux déplacements des fans, chanteurs riches qui gaspillent les ressources de la planète)
- le foot (même raisons que ci dessus)
😕 dsl mais la sa frisse le ridicule se sujet... :paf
barf, en fait les reponses sont longues et on a pas envie (ou le courage) de les lires ; alors on ecrit " ça frise le ridicule, juste pour y mettre sa maraue, c'est sans doute ça le plus ridicule !!!
perso je ne suis pas d'accord avec tout ce qui a été dit, mais il s'agit d'un debat et on a ps le droit de porter de jugement sur ce que disent les uns ou les autres, mais comme certains argumentent (plutot bien) leurs sujets, il faut peut etre en faire autant par respects ! là rien a voir avec la pudeur !
