Ma contribution ne répondait pas particulièrement à la tienne mais surtout à la liste de Diwali. Ce qui me gêne est d'y voir figurer sur le même plan l'innocente "guerre des boutons" d'Yves Robert (auteur également des fims "la gloire de mon père et "le château de ma mère") et un David Hamilton.
Et je regrettais que la hantise actuelle de la pédophilie conduise à une censure de la nudité des enfants qui me paraît absolument contre-productive à cet égard.
Le fait est, malheureusement, que la sensibilité du public à cet égard a évolué dans le sens de cette censure et que, pour de simples raisons commerciales,il est difficile à un producteur de ne pas en tenir compte.
Quel intérêt par ailleurs y a-t-il à refaire inlassablement "la guerre des boutons"? Commercial, rien de plus : le roman de Pergaud parle de petits paysans d'il y a plus de cent ans. La violence entre enfants y fait écho à celle des adultes à leur égard. La sensibilité par rapport à la nudité y est également très différente de celle de spectateurs - ou d'enfants - d'aujourd'hui.
Par rapport à ce livre fort, le film d'Yves Robert était une charmante bluette. Ce sont sans doute des adultes qui en gardaient un souvenir ému et peut-être n'avaient jamais ouvert le livre qui ont voulu en refaire une adaptation. Or si la "ruralité", comme on dit aujourd'hui, de 1962 avait peut-être encore quelques ressemblances avec celle du temps de Pergaud (mais Yves Robert en avait tout de même largement censuré la violence), celle d'aujourd'hui n'a plus grand chose à voir.
La modernisation de l'histoire n'est dès lors rien d'autre qu'une exploitation posthume à des fins purement commerciales d'un classique qu'elle trahit. La charge héroïque d'enfants nus ou pas n'en est qu'un détail.
Et pour ce qui concerne les films, je ne parlais à aucun moment de ce que perçois le spectateur, mais du tournage et du droit à l'image pour les enfants acteurs, et de leur consentement (qui par définition est impossible pour un enfant).
Petite question naïve : sont-ils consentants lorsqu'on les force à aller à l'école, à bouffer des endives, à rejoindre une église, une mosquée ou une synagogue, à se rendre à leurs leçons de piano ou au judo, à subir une mutilation sexuelle qui s'appelle la circoncision, ou bien lorsque l'on perce le lobe des oreilles des fillettes, ou encore lorsque l'on les vaccine ? Etc., etc., etc. Le consentement, un concept à géométrie très variable...
Les gamins savaient très bien ce qu'ils faisaient : tourner un film amusant.
Pensez-vous que ces gamins ont dû suivre 30 ans de psychanalyse pour se remettre de ce traumatisme d'enfance ? Sérieusement ?
Mais à quoi bon, la puissante industrie de la protection de l'enfance (un business de plusieurs milliards), ou plutôt de l' « innocence » (car c'est plus un concept ou une certaine image idéalisée de l'enfance que l'on tente de défendre) a un lobby ancré un peu partout.
Et pour ce qui concerne les films, je ne parlais à aucun moment de ce que perçois le spectateur, mais du tournage et du droit à l'image pour les enfants acteurs, et de leur consentement (qui par définition est impossible pour un enfant).
Petite question naïve : sont-ils consentants lorsqu'on les force à aller à l'école, à bouffer des endives, à rejoindre une église, une mosquée ou une synagogue, à se rendre à leurs leçons de piano ou au judo, à subir une mutilation sexuelle qui s'appelle la circoncision, ou bien lorsque l'on perce le lobe des oreilles des fillettes, ou encore lorsque l'on les vaccine ? Etc., etc., etc. Le consentement, un concept à géométrie très variable...
Les gamins savaient très bien ce qu'ils faisaient : tourner un film amusant.
Pensez-vous que ces gamins ont dû suivre 30 ans de psychanalyse pour se remettre de ce traumatisme d'enfance ? Sérieusement ?
Mais à quoi bon, la puissante industrie de la protection de l'enfance (un business de plusieurs milliards), ou plutôt de l' « innocence » (car c'est plus un concept ou une certaine image idéalisée de l'enfance que l'on tente de défendre) a un lobby ancré un peu partout.
Je te souhaite de bien profiter du beau temps de ce week-end pour respirer.
Dans l'adaptation par Yves Robert, d'après Marcel Pagnol, de "la gloire de mon père", on voit les deux enfants, pendant leurs vacances dans une bastide de l'arrière pays d'Aubagne, se doucher nus à l'extérieur avec l'eau d'un réservoir.
Vers la fin du film, le jeune Marcel se retrouve avec un copain pris sous un orage et ils arrivent trempés à la maison. Devant la cheminée, la mère les déshabille intégralement pour qu'ils se séchent.
C'était il y a plus de 25 ans. De nos jours, la Gaumont ne permettrait plus, je pense, d'exposer la nudité enfantine, si ce roman était de nouveau adapté.
Il faut arrêter de mettre sur les chrétiens tout et n'importe quoi. C'est peut être bien pratique, mais ce n'est pas faire preuve d'un grand discernement.
Primo, la morale chrétienne ne condamne pas la nudité en tant que telle, a fortiori celle des enfants, puisqu'elle est reconnue de facto comme innocente.
Secondo, je constate que la morale chrétienne n'a plus beaucoup d'influence dans notre société. Elle condamne avant tout la vacuité d'un monde où l'argent, l'apparence, l'individualisme, et la recherche de l'intérêt personnel au détriment de l'autre sont érigé comme le modèle à suivre.
Il se peut aujourd'hui que la nudité des enfants pose problème à la société car de nos jours, la nudité est de plus en plus montré comme quelque chose de sexy/sexuel/provoquan, par les médias notamment, afin de faire vendre, plutôt que comme quelque chose de naturel, et que, justement, les gens n'ont pas envie de voir la nudité innocente des enfants être vue de cette façon.
Voici quelques images de la version anglaise "War of the buttons" ou en français "La guerre des boutons, ça recommence" (1994).
La scène de bataille nue a été conservée.
Message édité par : rogermil / 18-10-2017 13:29
Pour ceux qui sont abonnés à Canal+, la version anglaise de 1994 "la guerre des boutons ça recommence", est diffusée sur Cine+Famiz jeudi 26 octobre à 2OH45
