Une comédie en un acte écrite par Courteline en 1900 est intitulée "L'article 330".
Qu'est-ce que l'article 330 ? C'est l'ancêtre de l'article 222-32, à l'époque où "l'outrage public à la pudeur" n'avait pas été remplacé dans le code pénal par "l'exhibition sexuelle".
Le héros, Monsieur Le Brige, se retrouve soudain avec, devant chez lui, un trottoir roulant surélevé, installé pour l'Exposition universelle de 1900, qui offre des vues plongeantes sur l'intérieur de son appartement. Pour montrer son mécontement, Le Brige se met nu chez lui, ce qui lui vaut 13.687 plaintes déposées contre lui.
La pièce se passe au tribunal et se concentre sur la défense de Le Brige. La justice donne raison à Le Brige, mais le juge ajoute : "Considérant... que si les juges se mettent à donner gain de cause à tous les gens qui ont raison, on ne sait plus où l'on va, si ce n'est à la dislocation d'une société qui tient debout parce qu'elle en a pris l'habitude" et pour ce motif "déclare La Brige bien fondé en son système de défense, l'en déboute cependant" et le condamne au nom de l'article 330 du Code pénal.
La pièce se termine juste après la lecture du jugement lorsque Le Brige lance au public "J'en appelle à la postérité".
Un véritable appel à l'APNEL !
La pièce peut être lue en entier sur le site Gallica de la BNF.
Il y en a même plusieurs versions, dont une audio (avec Michel Bouquet) : https://goo.gl/oYWsSc
J'ai déjà parlé de la pièce ici à plusieurs reprises, il me semble...
Excuse-moi, Jacques !
On a eu l'occasion de parler de cette pièce avec Eric dimanche et j'ai pensé qu'un petit rappel sur VN s'imposait 😉
J'ai lu cela il y a bien longtemps...
C'est une nudité protestataire, donc plus un ancêtre des FEMEN que de l'APNEL...
Mais je me souvenais très bien du "considérant" cité plus haut. Un plaidoyer en faveur du "jugement moral" contre le "jugement en droit", ou à tout le moins contre l'abus de droit.
Dans le même genre, il y a le "Mais n'te promène donc pas toute nue" de Feydeau.
Ici par exemple:
(Avec Sylvie Belbèze. Un nom comme ça, ça ne s'invente pas!)
Dans le même genre, il y a le "Mais n'te promène donc pas toute nue" de Feydeau.
On en a joué une version raccourcie à Bélézy il y a quelques années. Après avoir bien cherché sur internet nous étions arrivés à la conclusion que c'était la première fois que Clarisse était jouée nue, comme le titre l'indique, alors qu'en scène elle porte en général un négligé ou une nuisette (voire parfois plus, au point que le titre en devient inintelligible !).
Il est vrai que Clarisse, dans cette pièce, malgré le soin que prend Feydeau à nous montrer qu'elle est idiote, se conduit avec un mépris des convenances vestimentaires qui fait d'elle une proto-nudiste !
La meilleure réplique de la pièce est à mon avis le moment où Ventroux, outré, dit à sa femme : "Tu fais voir ton derrière à un journaliste du Figaro, maintenant ?"
Dans le même genre aussi, il y a la célèbre chanson de 1925, "Raymonde"
(excusez l'interprétation un peu approximative, je n'en ai pas trouvé d'autre version !)
