Analyse malheureusement objective, c'est une tendance mondiale et il faut continuer à lutter à notre niveau dès qu'on en a l'occasion.
NuditéAdos de plus en plus pudiques: «Ça ferait bizarre d'être tout nu»
Les jeunes ne veulent plus dévoiler leur corps dans les vestiaires et sous les douches collectives. Covid, affaires de pédophilie et réseaux sociaux ont joué un rôle.
À poil dans les vestiaires et sous la douche. Hors de question pour les jeunes d'aujourd'hui! «Tout le monde se douche en maillot de bain. Ça serait bizarre que l'un de nous se mette nu», témoigne Noah, 15 ans. Mère d'un garçon de 10 ans, Lydie confirme. «Après ses entraînements, il se lave en caleçon dans les vestiaires. Mais il est toujours stressé quand quelqu'un entre.»
D'autres refusent tout bonnement d'utiliser les installations. «Impossible de lui faire prendre une douche après ses compétitions, confie le père d'une ado de 13 ans. Même si ça signifie faire quatre heures de route avant d'arriver à la maison.»
Une pudeur qui s'explique
«Je fais partie de la génération de parents pour qui c'était normal de se doucher nu au club, tous âges confondus», confie Philippe Longchamp, professeur à la Haute École de santé Vaud (HESAV). Mais cette nouvelle pudeur chez les jeunes n'a rien de surprenant, selon lui. «Elle s'inscrit dans un processus historique. Depuis la fin du Moyen Âge, la société occidentale est de plus en plus pudique.»
L'expert en sociologie du corps constate plusieurs facteurs déclencheurs ces dernières années. «La médiatisation des affaires de pédophilie, surtout dans le monde du sport, en fait partie. Non seulement les jeunes ne veulent plus être nus dans les vestiaires, mais les adultes aussi, de crainte d'être accusés d'agression.»
Le Covid a éloigné les corps
La pandémie a également joué un rôle. «Le Covid a été un accélérateur de l'éloignement des corps. La bise, proscrite pendant un temps, n'est pour certains jamais revenue. L'utilisation des vestiaires a aussi évolué. Les fitness et autres clubs ayant été longtemps fermés, les sportifs ont pris l'habitude de se changer et de se doucher à la maison. Une pratique qui perdure jusqu'à maintenant.»
Pour Lana, 18 ans, la comparaison avec les corps parfaits visibles sur les réseaux n’y est pas pour rien. «On a beaucoup plus de pression aujourd’hui. On est en permanence confrontées à la perfection. C'est compliqué d’assumer son corps, surtout à l'adolescence.»
«Ils ont développé de nouvelles compétences pour protéger leur intimité»
Mère de trois jeunes enfants, Amanda observe déjà un besoin d'intimité élevé. «À 5 ou 6 ans, mon fils se changeait dans les toilettes du vestiaire plutôt que dans le vestiaire, lorsqu'il était au foot. Ma fille de 8 ans, elle, ferme la porte de la salle de bain à clé, même à la maison.»
L'expert explique: «Les enfants qui ont grandi avec les réseaux sociaux et les portables ont intégré qu'il n'existe plus de lieu privé. Une photo, une vidéo volée peut finir sur internet et faire le tour du monde. Ils ont donc développé de nouvelles compétences pour protéger leur intimité. Ça peut se traduire par une forme d'hypercontrôle.»
Exposition des corps codifiée
Paradoxalement, les ados n'ont jamais autant exposé leur corps sur les réseaux. «Les deux phénomènes ne sont pas incompatibles, sourit le sociologue. Les ados montrent leur physique, mais de manière très vigilante. Ils dévoilent ce qu'ils veulent bien avec la possibilité de retoucher les images. Finalement, ils se dénudent sans vraiment se dévoiler. Tout comme la mode des seins nus après Mai 68. En réalité, elle ne remettait pas en cause une forme de pudeur, car c'était une pratique extrêmement codifiée. Seules certaines femmes, d'un certain âge, le faisaient, et uniquement à la plage.»
Sujet en doublon, merci de bien vouloir fusionner
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C'est fait

