Acquittée, heureusement quelle n'est pas adepte de l'épilation intégrale. :#
Les juges ont retenu les arguments de la défense. Pour eux, il s'agissait là d'un "acte militant et artistique" et l'on n'y retrouve "pas d'élément intentionnel" de commettre une exhibition sexuelle.
Ils ont noté «l'absence d'exposition des organes génitaux». «Seuls les poils pubiens», ont-ils conclu.
http://www.lefigaro.fr/culture/2017/10/18/03004-20171018ARTFIG00199-deborah-de-robertis-l-artiste-qui-pose-nue-dans-les-musees-jugee-ce-mercredi.phpMessage édité par : jeanclaude91150 / 19-10-2017 00:47
Merci pour le lien. Des nombreux commentaires (dont certains assez positifs) je retiens celui-ci:
"Les Tartuffes se donnent à pleine joie....Le hasard a voulu que je sois au musée d'Orsay le jour de son exhibition...il y avait plutôt des commentaires amusés, étonnés ou admiratifs....mais pas de scandale....."
Les gens qui s'intéressent à l'art seraient-ils plus ouverts d'esprit?
Et ils sont quelques-un à souligner que les deux jours de garde à vue ne semblaient pas indispensables pour recueillir tous les éléments de cette affaire. Cela ressemble à une "punition" infligée par les flics, et même si c'est légal c'est un abus d'autorité.
Les gens qui s'intéressent à l'art seraient-ils plus ouverts d'esprit?
Forcément, du moins au niveau de la nudité. Il est difficile de trouver un musée qui ne présente de la nudité, à quelque époque que ce soit. Je parle de l'art occidental évidemment, mais pas seulement: à l'Institut du Monde Arabe j'avais visité l'exposition sur l'art des Perses safavides (dynastie qui régna sur l'Iran de 1501 à 1736).
On y voyait pas mal de tableaux représentant des scènes de baignades. Je me souviens même d'un tableau représentant Mahomet (on le reconnaissait précisément à ce que lui, bien que nu comme les autres (du moins on peut le supposer, car on ne le voyait qu'à partir du torse), avait un visage non représenté, juste un ovale blanc) se baignant au milieu d'hommes et femmes dont aucun ne portait le moindre vêtement.
Emmener ses enfants au musée, ça suppose les confronter à la nudité.
Je ne sais pas qui sera le premier de la poule ou de l'oeuf, sont-ils ouverts parce qu'ils vont au musée, ou le contraire, les musées leur ouvrent-ils l'esprit? (je pense d'ailleurs, en toute logique, qu'il faut d'abord faire la démarche d'y aller, je vous laisse choisir lequel vous nommerez poule ou oeuf).
C'est ce que les sociologues et politologues ont appelé le libéralisme culturel.
Acceptation de la nudité, acceptation que les lycéens puissent avoir une vie sexuelle, acceptation de l'homosexualité etc.
Et ce libéralisme culturel se retrouve principalement dans les catégories ayant le plus haut niveau culturel (pas forcément social, mais culturel. D'ailleurs, un directeur de recherche au CNRS gagne 4 fois moins qu'un plombier).
Je fréquente de temps à autres le monde universitaire (notamment quand j'accompagne ma femme à des colloques), la nudité n'y pose vraiment pas de problèmes.
Il est même courant que lorsqu'il y a un groupe d'Américains, ils louent une villa avec piscine plutôt que d'aller à l'hôtel, et le maillot de bain y est vraiment optionnel. (Et parfois, on en voit quelques-uns le premier jour, puis ces maillots disparaissent ensuite).
Ma femme enseigne l'histoire de l'art, mais même quand c'est des colloques d'histoire "tout court", c'est la même chose.
Je crois pouvoir en déduire que lors d'un colloque de physique nucléaire ou de biologie moléculaire ou de littérature chinoise antique, ça ne doit pas être fondamentalement différent.
Beaucoup d'universités américaines ont des "naked day", pique-nique nu sur le campus, baignade nue quand le campus a un lac ou une piscine etc.
Sur youtube ou autres, vous verrez ainsi des vidéos de Yale, Stanford, Berkeley etc.
Et en-dehors de ces évènements, on se dénude facilement chez les étudiants américains.
( http://www.dailymail.co.uk/news/article-3953776/Butt-won-Naked-Yale-students-delay-famous-rivalry-Harvard-Bulldogs-beat-Crimson.html par exemple. "The nakedness is apparently a 40-year tradition called the 'Saybrook Strip,' named after one of the Yale Residential Colleges, according to the New York Post).
Sans entrer dans des considérations politiques, je vous laisse deviner comment ils ont voté entre Clinton et Trump ou entre Le Pen et Macron.
(Tapez Marlène Schiappa (notre Secrétaire d'Etat à l'égalité H/F) dans un moteur de recherche, lisez les commentaires, et vous aurez un florilège de la beaufitude sexiste, et les insultes utilisent le plus souvent un vocabulaire sexuel).
Personnellement, j'ai un problème avec le fait de relaxer une personne parceque c'est artistique ou politique. Cela signifie que l'état décide de ce qui est de l'art ou pas, et de ce qui est politique ou pas. Soit on autorise quelquechose, soit on ne l'autorise pas. Mais on ne l'autorise pas à certaines personnes seulement. Sinon, on créé en quelque sorte un "art officiel".
C'est pas faux ce que tu dit
Personnellement, j'ai un problème avec le fait de relaxer une personne parceque c'est artistique ou politique. Cela signifie que l'état décide de ce qui est de l'art ou pas, et de ce qui est politique ou pas. Soit on autorise quelquechose, soit on ne l'autorise pas. Mais on ne l'autorise pas à certaines personnes seulement. Sinon, on créé en quelque sorte un "art officiel".
C'est plus compliqué : on est dans le domaine du droit et de la justice et non pas de l'état et la loi est globalement dans le principe de tout ce qui n'est pas interdit est autorisé sauf que pour certains cas comme celui de l'exhibition sexuelle imprécise dans sa rédaction le plus souvent c'est remis à l'appréciation du juge qui va statuer.
Message édité par : gilles / 19-10-2017 22:34
C'est pas faux non plus.
Finalement Claude tu n'es pas contrariant ! 🙂
Citation :C'est plus compliqué : on est dans le domaine du droit et de la justice et non pas de l'état et la loi est globalement dans le principe de tout ce qui n'est pas interdit est autorisé sauf que pour certains cas comme celui de l'exhibition sexuelle imprécise dans sa rédaction le plus souvent c'est remis à l'appréciation du juge qui va statuer.
Message édité par : gilles / 19-10-2017 22:34
Je vais jouer les rabats joie, c'est bien la fête de l'huma, c'est bien le bois de Vincennes, et pourquoi pas De Robertis, et les Femens, mais si cela fait avancer la perception des gens par rapport à la nudité, ont est toujours soumis au bon vouloir de la Maréchaussée, et d'un juge si l'ont randonne nu.
Certains vont me dire il ne faut pas randonner seul, mais je considère que cette obligation comme une entrave à ma liberté, d'aller dans les espaces naturels quand je veux et ou je veux.
Qui va enfin se décider à bouger pour faire modifier, ou faire préciser cet article 222-32. Pas moi, car un individu seul ne peut rien. Si j'avais de relations avec le pouvoir en place, j'essaierai, mais ce n'est pas le cas, hélas.
Message édité par : jeanclaude91150 / 20-10-2017 09:24
Qui va enfin se décider à bouger pour faire modifier, ou faire préciser cet article 222-32.
Message édité par : jeanclaude91150 / 20-10-2017 09:24
L'article 222-32 du code pénal fait partie d'une loi, qui a été votée par le Parlement. Pour le modifier, il faut une autre loi. Comment faire ?
La loi émane de deux sources. Elle peut être d'initiative gouvernementale : projet de loi adopté en conseil des ministres, Conseil d'Etat entendu, travail en commission, puis discussion et vote dans l'Hémicycle de l'une des deux Chambres. Puis navettes, rediscussion, renavette, etc.
Elle peut être aussi d'initiative parlementaire : proposition de loi déposée sur le bureau de son Assemblée par au moins un parlementaire.
Dans le premier cas, la discussion et le vote sont obligatoires. Dans le second, la PPL est soumise au bon vouloir du bureau de la Chambre concernée, et la majorité des PPL restent dans le tiroir où on les a rangées. Par exception, le pouvoir peut avoir intérêt à ce qu'une PPL puisse aller jusqu'au bout ; ce fut le cas pour le pacs, instauré par une PPL.
Donc qui se bouge ? Soit le gouvernement, soit au moins un parlementaire, et si possible plusieurs. Il est vain de ratiociner sur un texte si l'on n'a pas de débouché.
Il faut aussi se mettre d'accord sur un texte. Une loi interdit, et ce qui n'est pas interdit est autorisé. Le projet de PPL de l'Apnel, qui commence par "Nul ne peut être inquiété (...)", n'est pas un texte convenable. J'aurais préféré que l'on se contentât d'ajouter quelques mots au texte actuel de l'article 222-32 précisant ce qu'est l'exhibition sexuelle, comme on l'a fait pour le viol. Avec un texte de présentation, qui, lui, peut être aussi détaillé que possible.
Peut-on espérer que le gouvernement prenne en compte notre revendication, et présente un projet de loi ? On peut rêver.
A-t-on des parlementaires décidés à porter une PPL ? On en avait, les écologistes (Sergio Coronado notamment). On n'en a plus guère. Chez les communistes, je ne sais pas. Chez Hamon peut-être. Au centre et à droite, on peut espérer des individualités comme Riester. Mais a-t-on chez nous au moins une personne capable d'entretenir des relations avec les parlementaires ? Ce n'est pas tout d'écrire un texte, encore faut-il le valoriser. La première chose serait peut-être de créer un comité chargé de le faire connaître, et d'organiser le mouvement en sa faveur, comme cela a été fait en son temps pour le pacs.
Qui se bouge ? Bonne question.
Je suis un peu d'accord avec plusieurs personnes ci-dessus.
En fait, un juge a décidé que la DEMARCHE était artistique.
Il n'a pas porté un jugement esthétique, mais il a estimé que D de R produisait ce qu'on appelle une performance. Cela relève plus du théâtre pour moi que de la peinture, mais c'est courant ce genre de pratiques, on a vu des artistes se faire enfermer dans une cage et se faire exposer ainsi dans un musée, on a vu Duchamp exposer un urinoir mais, comme c'était dans un musée, qu'il l'avait mis à l'envers, et lui avait donné un titre (Fontaine), ce n'était plus un urinoir mais une oeuvre d'art. D'où, du coup le procès de celui qui avait pissé dedans, et qui, poursuivi pour avoir souillé une oeuvre d'art, disait "condamnez-moi si vous voulez, mais alors à 18F95 qui est le prix que coûte cet objet au Prisunic du coin, et je vous le remplace non seulement à l'identique, mais même en mieux puisqu'il sera neuf".
Le juge qui vient de juger D de B en a décidé ainsi, mais on peut fort bien estimer qu'un autre juge en aurait décidé tout autrement.
D'où effectivement la nécessité de préciser l'article 222-32.
Cet article est l'article d'une loi, donc seul un vote au Parlement (Assemblée Nationale + Sénat, votant la loi dans les mêmes termes) permet de remplacer cet article problématique par un autre article.
MAIS il n'y a pas forcément besoin d'une loi. Je prends le précédent de la légalisation des seins nus: il a suffi, il y a un peu plus d'une quarantaine d'années, d'une circulaire aux procureurs leur enjoignant de désormais ne plus poursuivre pour ce motif.
On me rétorquera qu'on poursuit toujours des poitrines nues sous l'incrimination d'exhibition sexuelle, à preuve que les Femen ont été poursuivies (mais ont été relaxées cette semaine pour leur action face au FN).
Oui, c'est vrai, mais au moins ne poursuit-on pas pour des poitrines nues sur une plage.
D'un autre côté, on ne voit pas de seins nus dans les piscines couvertes :# et sur les pelouses des piscines découvertes, c'est aujourd'hui beaucoup moins courant qu'autrefois, notamment par crainte qu'on vienne vous dire que vous êtes en infraction.
C'est pourquoi, même s'il ne faut pas forcément une loi, il faudra qu'au moins il y ait une déclaration très précise de ce qui est autorisé et interdit.
Il n'y a pas de loi en France qui dise qu'il est interdit d'être nu, ou d'être seins nus.
Mais comme l'article 222-32 ne précise pas ce qu'est ou n'est pas une exhibition sexuelle :#.
Prenons exemple sur l'Espagne: l'exhibition sexuelle, elle l'a définie très précisément.
Nous pouvons aussi prendre exemple sur l'Allemagne, qui n'a pas à ma connaissance une définition aussi précise de l'exhibition sexuelle, mais qui réglemente la nudité. Le fait d'être nu peut être une contravention (et non un délit; c'est important la distinction, une contravention, c'est tarifé, en l'occurrence 150EUR en Allemagne; un délit, ça variera entre 0 et 15 000 en l'occurrence pour nous, sans compter les frais d'avocat, qui dépassent largement les 150EUR!)
Et la loi allemande précise dans quel cadre cette contravention peut s'appliquer: il faut soit que ce soit dans un lieu où c'est interdit (on peut interdire la nudité dans une zone de baignade, à condition de réserver un autre espace au moins équivalent où elle est autorisée), ou que ce soit en agglomération. Mais sinon, s'il n'y a pas d'interdiction explicite, c'est autorisé.
Dans les parcs allemands, on définit ainsi les zones (6 zones à Munich par exemple, mais on trouve la même chose à Berlin, Francfort etc.) où il est légal d'être nu (comme dans notre clairière du Bois de Vincennes :-D. Vu le nombre de migrants un peu surpris, les Allemands ont installé des panneaux d'information, et parfois même des haies).
Vaut-il mieux pour la France une réglementation "à l'espagnole", ou "à l'allemande"?
Dans l'absolu, l'espagnole serait préférable: en définissant l'exhibition sexuelle, tout ce qui ne relèverait pas de cette définition relèverait de cette infraction.
Mais vu la force des habitudes, on peut aussi craindre que malgré une rédaction plus précise, il y ait toujours des poursuites, en nous disant "mais où est-il écrit que c'est autorisé?". En théorie, tout ce qui n'est pas interdit est autorisé ("est obligatoire" disait-on du temps de l'URSS), mais en pratique, il vaut mieux une autorisation expresse.
Il sera difficile du jour au lendemain en France de se dénuder à la piscine municipale ou au parc de votre ville, voire dans les douches d'une piscine ou d'un stade.
Il faudra donc que le législateur (ou au moins une circulaire ministérielle) précise que l'infraction d'exhibition sexuelle nécessite un comportement de nature explicitement sexuel et indécent., ou (il faut donner de l'os à ronger aux opposants à la nudité, c'est important) parce que le lieu et le mode d'action font relever cette nudité d'un comportement exhibitionniste.
(Se promener nu à la sortie de l'école, même sans geste ou propos ou attitude, relèverait de cette infraction).
Si l'on reste dans un "sans gestes sexuels, ce n'est pas de l'exhibition sexuelle", on risque de nous rétorquer "alors comme ça, on peut aller nu à la sortie de l'école?", ce qui visiblement ne sera pas le cas, et ça nuira à l'efficacité du caractère libéral de cette nouvelle disposition.
Une règlementation un peu (raisonnablement, je pourrais dire) restrictive n'empêcherait pas pour autant des relaxes comme celle de D de Robertis, puisque même avec la législation actuelle qui réprime celui qui se bronze dans son jardin, elle a été relaxée.
(Du coup, si vous vous bronzez dans votre jardin, mettez derrière une reproduction du Déjeuner sur l'herbe, et faute de faire valoir que votre nudité n'est pas exhibitionniste parce que simplement récréative, vous pourrez essayer de faire valoir qu'elle est artistique 😉 ).
Je peux avoir quelque perplexité sur le moyen qui sera le plus efficace pour éviter les poursuites intempestives pour les nudités simples.
En revanche, qu'il faille réviser la rédaction actuelle du 222-32, je n'ai aucune perplexité, c'est une nécessité.
En ce moment, on discute du harcèlement. C'est l'article "voisin", le 222-33, qui est concerné.
Ce serait une bonne occasion d'interpeller notre Garde des Sceaux, Mme Belloubet. C'est une agrégée de droit public, mais elle doit s'y connaitre quand même un peu plus que la moyenne en droit privé.
Elue toulousaine, elle a été chargée de la culture puis de l'éducation, secteurs où la proportion de gens que la nudité révulse n'est pas la plus forte, elle s'est occupée de l'égalité des sexes, donc on n'a pas là quelqu'un au profil "réac".
