Elle a encore sévit ce week end : Voir http://www.konbini.com/fr/entertainment-2/dans-les-coulisses-de-la-derniere-performance-de-deborah-de-robertis/
Message édité par : gilles / 27-09-2017 09:17
Est-ce choquant, est-ce artistique (même dans le sens "performance"), je laisse de côté ces questions.
Est-ce de l'exhibition sexuelle? Sexuelle, on pourra en discuter, mais exhibition, oui, tout à fait: se donner en spectacle.
Elle a déjà été relaxée, mais le fait qu'elle recommence va quand même inciter à la sanction.
Et ce que je crains, c'est qu'un tribunal couche noir sur blanc "à partir du moment où l'on voit votre sexe, c'est de l'exhibition sexuelle".
Même si c'est dans un musée où l'on voit plein de tableaux de nu, et où le public n'est pas le "tout venant" (encore que la visite du Louvre, et notamment de la Joconde, est au menu de plein de séjours "clefs en main", ce n'est pas le même public que celui qui de lui-même va visiter un musée, ou qui au Louvre visitera des salles moins fréquentées; c'est tellement grand le Louvre qu'il y a plein de salles où il n'y a presque personne), c'est quand même un peu jouer avec le feu.
D'autant plus qu'ici, ce n'est même pas "je suis nue comme sur le tableau" (la Joconde n'est pas l'Origine du Monde, ni même La Grande Odalisque), ça se rapproche plus de l'exhibo classique qui sort son zob et ouvre son manteau.
Je sais bien que personne ne fera le rapprochement avec le naturisme, mais je crains quand même qu'elle nous cause du tort, encore une fois par ce danger qu'un tribunal condamne et affirme "si l'on voit votre sexe, c'est de l'exhibition sexuelle", alors que ça n'a rien à voir avec être nue dans un parc et même nue dans la rue.
Pour l'artiste c'est une performance. Pour la justice, ce pourrait être de l'exhibition sexuelle. Dimanche 24, Déborah de Robertis s'est rendue au musée du Louvre. Se dirigeant dans la salle où est exposée La Joconde, sans doute la pièce la plus populaire des lieux, elle s'est installée sur un présentoir en écartant ses cuisses nues pour montrer son sexe, le tout avec une caméra Go Pro fixée sur front. Elle a scandé "Mona Lisa, ma chatte, mon copyright" avant que les agents de sécurité ne la force à stopper la "performance".
L'artiste sera jugée le 18 octobre sous l'accusation d'exhibition sexuelle et de violences contre l'un des gardiens qu'elle aurait mordu lors de son évacuation.
Artiste luxembourgeoise reconnue -elle a été désignée par son pays pour intégrer la résidence d'artiste de la Cité internationale des arts à Paris en 2013- la jeune femme s'est spécialisée dans les performances dénudées et provocantes. Décrite par les autorités culturelles luxembourgeoises comme une artiste "provoquant des situations et des rencontres qui, au premier abord, semblent périlleuses" afin d'opérer une "+mise à nu+ au sens littéral pour l'artiste, mais aussi réciproque et donc symbolique des rapports de force homme/femme", Deborah de Robertis a déjà une certaine expérience des performances dénudées dans les musée parisiens. Elle est apparue ainsi dans son plus simple appareil ou dévoilant son intimité au musée d'Orsay, à la Maison européenne de la photographie, au musée Guimet ou encore au musée des Arts décoratifs.
En février, elle avait déjà comparu devant le tribunal qui l'avait finalement relaxé, la juge considérant que sa "performance" était bien artistique et n'était "pas constitutif d'une exhibition".
explications aussi via http://www.linternaute.com/actualite/societe/1272687-deborah-de-robertis-pourquoi-elle-pose-nue-sexe-ouvert-au-musee/
ROBERTIS - Déborah de Robertis a été arrêtée et placée en garde à vue pour exhibitionnisme. Elle sera jugée en octobre. L'artiste luxembourgeoise a posé nue au Louvre devant la Joconde, ce qui est loin d'être sa première "performance"...
Déborah de Robertis, artiste franco-luxembourgeoise connue pour poser nue ou le sexe découvert devant des tableaux de maîtres, a été renvoyée devant le tribunal correctionnel de Paris pour exhibition sexuelle. Dimanche, elle a réalisé une nouvelle "performance" au Louvre, devant le tableau de La Joconde. Caméra portative GoPro accrochée au front, assise les cuisses écartées et le sexe apparent, la jeune femme de 33 ans a scandé "Mona Lisa, ma chatte, mon copyright" devant plusieurs dizaines de touristes venus admirer l'oeuvre de Léonard de Vinci. Les gardiens du musée ont rapidement fait évacuer la salle avant de tenter de la stopper, puis ont averti les forces de l'ordre qui l'ont interpellée.
L'artiste a passé deux jours en garde à vue avant d'être présentée à un magistrat. Ce dernier a décidé de la renvoyer devant le tribunal afin qu'elle soit jugée mercredi en comparution immédiate indique l'AFP, qui a joint son avocate. Mais celle-ci a demandé, au début de l'audience, un report. Elle sera finalement jugée le 18 octobre pour "exhibition sexuelle et violences contre un des gardiens du musée dont elle a mordu la veste lors de son interpellation". La performance a suscité des réactions sur les réseaux sociaux, souvent très tranchées.
Déborah de Robertis déjà nue au musée d'Orsay
Ce n'est pas la première fois que Déborah de Robertis propose ce genre de performance. Elle avait déjà été arrêtée et placée en garde à vue pour exhibition sexuelle en 2016. Elle s'était allongée nue au musée d'Orsay devant le célèbre tableau de Manet, Olympia, dans la même position que la prostituée représentée par le peintre. "Elle portait une caméra portative pour pouvoir filmer la réaction du public. Il s'agit d'une performance artistique", avait alors expliqué son avocat Me Bouzenoune après son arrestation.
Déborah de Robertis s'était déjà dénudée au musée d'Orsay en mai 2014. Il s'agissait cette fois de reproduire le tableau "L'origine du monde" de Gustave Courbet. La jeune femme s'était assise par terre devant l'oeuvre, exposant son sexe, qu'elle tenait ouvert avec ses mains, aux yeux des visiteurs. Une bande-son passait également en boucle, "Ave Maria" de Schubert recouvert par la voix de l'artiste qui ne cessait de répéter "je suis l'origine, je suis toutes les femmes, tu ne m'as pas vue, je veux que tu me reconnaisses, vierge comme l'eau, créatrice du sperme". Les deux fois, le musée a porté plainte.
"Mon oeuvre - baptisée Miroir de l'origine - ne reflète pas le sexe, mais l'oeil du sexe, le trou noir. C'est pour rendre visible cet oeil que j'ai tenu mon sexe ouvert avec mes deux mains, pour révéler ce qui n'est pas visible sur le tableau d'origine", avait expliqué à l'époque Déborah de Robertis au Monde. La jeune femme a aussi utilisé son corps pour une série de photos, "Mémoires de l'Origine". Elle reproduisait la même pose, jambes écartées, dans différents lieux.
Outre le musée d'Orsay et le Louvre, Deborah de Robertis a réalisé des performances dénudées à la Maison européenne de la Photographie, au musée Guimet ou encore au musée des Arts décoratifs. En février 2016, elle avait été renvoyée devant le tribunal et avait été relaxée, la juge estimant que le fait d'apparaître partiellement dénudée n'était "pas constitutif d'une exhibition" et relevait plutôt de la performance artistique. Les tribunaux en décideront-ils autrement ?
Déborah de Robertis inspirée par Michael Jackson
Pour Déborah de Robertis, "le but n'était pas d'exhiber [s]on sexe, mais de reproduire une célèbre photo de Valie Export", performeuse autrichienne connue pour ses actions provocatrices dans les années 1970. "Mon message est de questionner la place des femmes artistes dans l'histoire de l'art. C'est pour cela qu'il est nécessaire que je fasse mes performances dans des musées", a relevé la jeune femme, sollicitée par l'AFP cette semaine. Pour sa performance devant "L'origine du monde" en 2014, l'artiste luxembourgeoise révélait par ailleurs au Figaro qu'elle avait été inspirée par Michael Jackson. "En touchant son sexe sur scène, il a fait de ce geste sa signature. Moi aussi, c'est ma signature".
Pourtant, l'artiste luxembourgeoise l'assure, elle "n'aime pas la provocation", expliquait-elle dans une interview donnée au Quotidien, un journal indépendant au Luxembourg. Dans cet entretien, elle expliquait que lors de son intervention au musée d'Orsay du 29 mai 2014, elle avait eu "assez peur, sachant que c'était la première fois que j'exécutais ce geste en public". Elle expliquait également ne s'être "jamais sentie aussi calme de [s]a vie, comme dans un état second". Enfin, elle expliquait que malgré la polémique, elle n'avait aucun regret d'avoir réalisé cette performance.
Déborah de Robertis revendique tant cette forme d'art qu'elle en vient elle-même à entrer en conflit avec les musées. En 2014, le Casion Luxembourg, avait annulé une exposition qui lui était consacrée peu de temps après le retentissement médiatique suscité par sa performance de 2014 au musée d'Orsay. "Nous avons eu des différences de vues sur la manière dont on planifie l'exposition et la façon dont on travaille. Il s'agit tout simplement d'une collaboration qui n'a pas fonctionné", expliquait le directeur artistique du Casino. Mais l'artiste ne l'entendait pas de cette façon et a affirmé vouloir poursuivre l'établissement en justice. "Le directeur réduit mon travail à mon sexe féminin et nie le fondement artisitique de ma démarche. (...) C'est une censure", disait-elle.
Le principe de manifestation de Deborah partait sur un bon motif mais en aucun cas on ne peut cautionner les violences volontaires envers le gardien du musée.
Je viens d'aller hier dimanche au Musée d'Orsay, avec mon fils de 5 ans et demi qui a eu la patience de faire plus d'une heure de queue sous la bruine!
En sortant, j'ai eu la curiosité de lire le règlement: il est bien spécifié qu'on doit rester habillé, il est même précisé qu'il est interdit de se déchausser.
Il est aussi expressément écrit qu'on ne peut pas utiliser le musée comme espace pour une activité de spectacle personnelle, et qu'au cas où l'on copie les tableaux (ce qui fait partie du travail des étudiants aux Beaux Arts), cela doit se faire discrètement et sans utiliser de chevalet ou autres installations.
Donc, quoiqu'on pense de l'action de Deborah de Robertis, elle détourne sciemment le musée de sa fonction qui est d'exposer des oeuvres.
Mon avis personnel (et qui n'engage que moi) est qu'elle en est arrivée à faire de la provocation pour le simple plaisir de la provocation, et cela même en mettant à part la question de la nudité (parce qu'habillée, on en parlerait moins, mais ça serait le même comportement: un musée est là pour exposer des oeuvres et n'est pas un lieu où se produire en spectacle soi-même).
Je mets bien sûr de côté les spectacles organisés, comme lorsque des modèles ont reproduit les poses des tableaux.
En fait, je pense que D de R est une artiste (on en discutera ailleurs; elle est diplômée d'une école d'art, donc va pour ce qualificatif, indépendamment de ses productions) en mal de notoriété.
La rue est un espace destiné à la circulation.
Pourtant, elle est parfois détournée pour servir de lieu de manifestation, d'expression d'opinions, de revendication qui n'ont rien à voir avec la circulation.
Certes, une manifestation sur la voie publique doit en principe être préalablement déclarée et autorisée, mais la manifestation spontanée occasionnelle est une réalité, et n'est pas considérée comme un crime dans une société démocratique.
Alors oui, ici on détourne le musée de son objectif premier, mais occasionnellement cela ne fait aucun tort.
Je parlais de "rue" au sens large, pas seulement les voies réservées aux automobiles, mais les places, les trottoirs etc, on peut manifester sans bloquer la circulation.
Ce n'est pas moi qui serai choqué de voir un pubis féminin, mais je crains qu'un tribunal puisse considérer que ça relève de l'exhibition sexuelle, et ça n'est pas une bonne chose.
Et puis, comme disent les Italiens, non capisco il perche (je ne comprends pas le pourquoi).
Autant le coup du miroir avec l'Origine du Monde pouvait se défendre, autant "ma chatte mon copyright" me semble un slogan très pauvre, et le fait que par ailleurs elle soit tout habillée contribue au côté exhibition sexuelle de l'acte (un peu comme celui qui ouvre son manteau, ne montrant que son sexe, est plus exhibitionniste que celui qui est totalement nu).
Relaxée, (modifié après la remarque judicieuse de PhilE) heureusement quelle n'est pas adepte de l'épilation intégrale. :#
Les juges ont retenu les arguments de la défense. Pour eux, il s'agissait là d'un "acte militant et artistique" et l'on n'y retrouve "pas d'élément intentionnel" de commettre une exhibition sexuelle.
Ils ont noté «l'absence d'exposition des organes génitaux». «Seuls les poils pubiens», ont-ils conclu.
http://www.lefigaro.fr/culture/2017/10/18/03004-20171018ARTFIG00199-deborah-de-robertis-l-artiste-qui-pose-nue-dans-les-musees-jugee-ce-mercredi.php
Message édité par : jeanclaude91150 / 19-10-2017 14:35
Acquittée, heureusement quelle n'est pas adepte de l'épilation intégrale. :#
Les juges ont retenu les arguments de la défense. Pour eux, il s'agissait là d'un "acte militant et artistique" et l'on n'y retrouve "pas d'élément intentionnel" de commettre une exhibition sexuelle.
Ils ont noté «l'absence d'exposition des organes génitaux». «Seuls les poils pubiens», ont-ils conclu.
http://www.lefigaro.fr/culture/2017/10/18/03004-20171018ARTFIG00199-deborah-de-robertis-l-artiste-qui-pose-nue-dans-les-musees-jugee-ce-mercredi.phpMessage édité par : jeanclaude91150 / 19-10-2017 00:47
Si l'on veut être précis, elle a été relaxée.
On est relaxé d'un délit au TGI, on est acquitté d'un crime dans une Cour d'Assise.
Comment avec ça comprendre et accepter que soient condamnés ceux qui se bronzent nus sur une plage, au bord d'un lac, dans leur jardin etc????
Le coup des poils pubiens est pour moi assez tiré par les cheveux :#.
En fait, on a une illustration que, du moins sur cet article 222-32, les condamnations visent les hommes mais pas les femmes.
Un homme se bronzant nu sur son balcon sera condamné, une femme non.
Le coup des poils pubiens est pour moi assez tiré par les cheveux :#.
En fait, on a une illustration que, du moins sur cet article 222-32, les condamnations visent les hommes mais pas les femmes.
Un homme se bronzant nu sur son balcon sera condamné, une femme non.
Mais c'est une jurisprudence très intéressante, non seulement parce que cela peut inciter les femmes naturistes à retrouver leur féminité, mais aussi parce que cela ajoute encore à la confusion sur ce qu'est ou n'est pas "l'exhibition sexuelle". C'est encore un petit pas vers la nécessité de la réforme du 222-32.
Après, il faudra en effet faire valoir le principe d'égalité des droits entre les deux sexes.
