Non le naturisme n'est pas pour les enfants, mais eux ils le seraient naturellement. Ce sont souvent les adultes, l'entourage et l'environnement, le qu'en dira-t-on qui les rendent pudiques.
En tous cas, c'est ce que j'ai vécu de mon propre cas.
Bonjour à tous.
Voilà : je relance un sujet qui semblait clos depuis deux ans. Il faut dire que pour nous, naturistes, la réponse est évidente.
Mais il y a des gens pour qui elle est tout aussi évidemment contraire.
L'accueil fait par certaines personnes de mon village à mon livre"...l'innocence ! " en témoigne. (Si vous voulez l'historique, voyez les commentaires en page d'accueil https://www.vivrenu.com/2007/06/23/des-histoires-pour-les-enfants/ ).
Le problème ? Peut-être celui-ci : des enfants peuvent-ils, nus, jouer ensemble exactement comme s'ils étaient plus ou moins vêtus ? Peuvent-ils prendre bain ou douche ensemble ? Peuvent-ils exceptionnellement partager le même lit ? Mon idée est qu'il n'y a aucun mal du moment qu'eux-mêmes n'y voient aucun mal. Est-ce une idée dangereuse ?
Autre question qui n'est pas propre au naturisme mais je crois que le regard naturiste influe tout de même sur la réponse qu'on y fait : pour protéger nos enfants des entreprises des pédophiles, jusqu'à quel degré de précision doit-on les informer de ce dont il s'agit ?
J'espère que les opposants au naturisme qui fréquentent parfois ce site et les naturistes qui peuvent ne pas être entièrement d'accord avec moi voudront bien s'exprimer ici pour permettre un débat ouvert et dans lequel la passion avec laquelle nous voulons tous protéger nos enfants n'empêche pas le respect mutuel.
Message édité par : gilles
Excusez-moi, je n'ai pas encore compris comment on utilise les citations. Donc pcma a écrit :
"Pour le lit, c'est un peu plus délicat, à mon avis. C'est aussi un lieu d'intimité et les enfants ne l'ignorent pas. Alors si les enfants sont petits ou s'il y a entre eux une amitié de longue date, qu'il n'y a pas d'autre couchage et qu'ils le veulent bien, pourquoi pas? Je pense, comme toi, qu'il vaut mieux que cela reste dans des circonstances exceptionnelles. Voici pourquoi: je remarque que plus les années passent, plus les enfants ont très tôt (10 ans - 10 ans et demi) une mentalité d'adolescent et s'intéressent, plus qu'il ne le faudrait si jeunes, au corps de l'autre sexe. Alors il ne nous appartient pas de provoquer certaines expériences; le temps de la découverte viendra plus tard."
Cette réponse me paraît soulever le fond du problème qui est ceci : les enfants naturistes ont-ils une perception de leur corps, et plus particulièrement de leur sexe, différente de celle qu'en ont les autres enfants ?
Ma conviction est que la remarque de Paul s'applique parfaitement aux autres enfants, mais que des enfants pour qui il est banal de voir nu le corps de l'autre sexe ne s'y intéressent pas particulièrement avant la puberté.
Car je pense que si des enfants de 10 ans (peut-être même moins) s'y intéressent, c'est par le double effet de l'interdiction qui leur en est faite et de l'obsession du sexe dont ils voient bien qu'elle caractérise les relations entre adultes.
Je vois mal en effet comment des parents, si attentifs soient-ils, pourraient faire en sorte que leurs enfants ne soient pas témoins de cette obsession, beaucoup moins visible du temps où le sujet était tabou et ne s'étalait donc pas largement dans tous les médias. Il y a donc là une contradiction qui agit précocément comme un stimulant de la curiosité des enfants.
Pour les enfants naturistes -à moins que je rêve - la contradiction n'existe pas puisque le sexe est à sa place : celle d'une partie du corps qui prendra une importance particulière quand ils seront plus grands, mais qui pour l'instant ne mérite un traitement particulier que parce que telle est la règle dans notre société.
Il ne me semble pas difficile non plus de faire comprendre à des enfants naturistes que, s'il n'y a pas de raison de cacher son sexe quand on est dans un milieu qui ne le demande pas, il ne faut pas non plus attirer sur lui une attention particulière, soit par des poses délibérément exhibitives, soit en le tripotant.
J'irai jusqu'à dire - et peut-être là vais-je choquer - que s'il arrive à des enfants de sept ou huit ans de jouer à faire comme les grands à la télévision (mais je ne parle évidemment pas des films pornos qu'il ne devraient jamais avoir pu voir !), il ne s'agit pour eux à l'évidence que d'un jeu qui n'implique aucune recherche de jouissance sexuelle et n'est donc pas pervers. On peut certes marquer une désapprobation mais, à mon avis, sous une forme qui évite toute dramatisation excessive.
Alors le lit ? Paul a tout à fait raison de parler de lieu d'intimité, on peut aussi dire d'espace privé. Mais tout est affaire de scirconstances et s'il faut, bien sûr, éviter d'exposer des enfants à une situation qu'ils pourraient ressentir comme troublante, il n'y a pas de problème si elle ne l'est pas à leurs yeux. Ils ne s'en expliqueront peut-être pas, évidemment, mais il me semble que si on sait être à l'écoute des enfants il est facile de s'en rendre compte et qu'en tout état de cause la communication à cet égard est forcément plus facile entre parents et enfants naturistes. De toutes façons la question posée est anecdotique et son intérêt est dans son rapport à a question fondamentale : le naturisme est-il bon pour les enfants ?
Qu'en est-il d'enfants élevés en milieu non naturiste et découvrant le naturisme avec des camarades de leur âge en milieu naturiste ? Mon livre met systématiquement en scène ce type de situation. Cela s'y passe bien dans les circonstances que j'ai voulues. Mais cela ne va pas de soi et il est certain que ces situations doivent être gérées avec précautions. J'ai évoqué sur ce site dans ma "longue histoire d'un papy naturiste" quelques expériences réellement vécues et réussies. Je m'en suis inspiré pour mon livre qui, bien avant d'être édité, m' a aussi servi pour gérer de nouvelles expériences. Cela ne prouve pas que "ça marche à tous les coups".
Amitiés à Paul, à tous ceux qui auront lu ces lignes et, d'avance, à tous ceux qui voudront y répondre.
Au milieu du silence général, notre dialogue, mon cher Paul, risque de devenir pathétique. Et pourtant il ne me semble pas simplement retomber dans des sujets amplement traités. Si le débat qui s'était arrêté fin 2005 sur ce forum est en effet riche, il reste dans des généralités et n'évoque pas des situations précises dans lesquelles la question de "où en sont les enfants avec leur sexualité" est en jeu.
Nos amis naturistes pensent-ils qu'il n'y avait pas lieu d'y revenir ? Sont-ils indifférents ou embarrassés ?
Et les opposants qui nous lisent parfois et parfois interviennent, où sont-ils ?
Au départ, je cherche à comprendre ce qui a pu choquer dans mon livre où les situations que j'ai mises en scène signifient toutes, pour moi que les enfants naturistes de neuf et dix ans (Manon, Morgane, Chloé) vivent la nudité dans une innocence si évidente et si heureuse qu'elle appelle à les rejoindre leurs camarades non naturistes (Sandy, Kévin, Malaurie) dès lors qu'ils n'étaient pas à priori exagérément coincés à ce sujet.
Mon idée est que, parce que l'idée qu'il pourrait y avoir du mal ne les effleure pas, les enfants naturistes peuvent aller spontanément plus loin que les autres dans l'intimité qu'ils proposent à des amis de leur âge (détail capital éviemment). Et qu'ils ont raison puisque cette intimité leur procure le plaisir innocent d'une complicité accrue, d'emblée fraternelle. C'est ce que pense, parce qu'elle est naturiste, Carine, la maman de Chloé, et qui la conduit à suggérer la première ce qu'elle sait être l'envie de sa fille (partager avec sa copine préférée la baignoire et le grand lit, plutôt que de dormir avec sa mère et de la laisser seule dans le petit). Par la suite ce partage du lit reste soit une commodité exigée par une circonstance exceptionnelle, soit un geste d'opposition à la censure de Julien ressentie comme abusive, mais ne devient en aucun cas une habitude.
Est-ce là ce qui horrifie mon accusatrice ?
En ce qui concerne Kévin et Morgane, ce partage n'existe que dans le rêve de Kévin, qui en est gêné et s'étonne que Morgane ne le soit pas, de même qu'il était à priori gêné d'apprendre que sa copine Anna se mettait toute nue sur une plage publique. Il ne s'agit donc pas d'une chose que je présenterais comme normale.
Le mal n'est pas dans ces choses mais dans le regard qu'on porte sur elles et le regard des enfants est pur si on ne leur a pas appris à voir le mal.
Cela les expose-t-il aux atteintes des pédophiles ? Je ne le crois pas : tous les témoignages semblent montrer que les enfants qui y ont été soumis même par des adultes à qui ils faisaient jusque là confiance en ont immédiatement ressenti la perversité. Il suffit donc qu'il sachent que cela existe, et qu'ils ont le droit de refuser même s'il s'agit de leurs parents. L'enfant naturiste aaverti sait donc que le mal existe. Simplement il ne le voit pas là où il n' y en a pas.
Message édité par : papygb
Au risque de me répéter (cela ne sera sans doute ni la première ni la dernière fois...
) :
Les réactions des gens sont bien souvent excessives et irrationnelles. Un certain puritanisme est revenu envahir nos moeurs et nos mentalités, on peut le constater tous les jours. Le tabou maladif qui entoure tout ce qui concerne les enfants amplifie encore le phénomène.
C'est la seule explication que je vois pour ma part à la violence disproportionnée de cette dame envers toi et ton livre.
On en vient à suspecter tout le monde de perversité et à voir du vice là où il n'y en a pas, par défaut d'écoute, de réflexion et de compréhension.
Dans ce contexte, ton livre est effectivement audacieux ! Mais il est à mes yeux méritoire parce qu'il exprime justement une vision non conventionnelle des choses - à contre courant, même, des idées reçues actuelles - de façon franche, claire et pédagogique.
Merci Jean-Yves. Comme celui de Paul ton soutien m'est précieux : j'essaie de me battre :paf au risque d'ennuyer, mais il m'arrive de déprimer un peu. 🙁
Bonsoir,
Je m'étonne un peu qu'au cours de la discussion, il n'a pas ou peu été rappelé que le naturisme est un mouvement familial. Ce point rappelé, je me suis aperçu que les enfants n'ont absolument pas la même vision que la notre de la nudité. et en général, nous aimons y coller nos définitions.
Des enfants qui jouent seuls dans une rivière, une partie est nue, l'autre a un maillot, s'en préocuppent t'ils? non, c'est juste une question pratique, j'ai un maillot ou non (ou je veux garder mes vêtements secs-pour ne pas me faire repérer à la maison).
Il m'est arrivé sur une plage isolée, seul et nu, de me faire surprendre par une bande d'enfants et d'ados. S'en préoccupent t'ils?, non. Je me suis excusé, demandant s'ils préféraient que je me rhabille, la réponse a été non, faites comme vous voulez. Par contre, j'aurais peut être eu des soucis si les parents auraient été avec eux.
Mon père ne s'est jamais montré nu devant moi, sauf une fois, par accident, j'ai été très long à me débarasser de cette idée d'interdit et surtout très géné auprès des autres. Prendre une douche à l'armée (douches collectives) était pour moi traumatisant- et pourtant dès 12 ans, je me baignais, nu mais seul à la rivière.
Je crois que nous sommes très marqués par notre éducation, psychologues y compris, et que nouis tentons de recopier notre historique sur des situations différentes de celles que nous avons connues.
L'éducation naturiste a des avantages mais il faut aussi savoir mettre les bonnes limites, ce qui n'est pas toujours facile et peut dépendre de nombre de paramètres.
Amitiés
Francis
Mon Cher Guy,
J'ai bien compris que tu étais affecté par cette histoire. C'est forcément le cas quand on se retrouve face à une telle réaction (hystérique ?); on est d'autant plus affecté qu'on est incompris et innocent des accusations portées. On ne les imaginait pas parce que hors de propos. Ne te laisse pas aller, vois du monde, communique un maximum ; je reste, de mon côté, à ta disposition.
Je crois que Francis et Jean-Yves apportent des éléments de réponse à l'explication de la réaction de cette dame dont la vision est celle d'une adulte conditionnée et donc en décalage important avec celle, beaucoup plus naturelle, innocente et pure des enfants qu'on n'a pas encore inutilement culpabilisés. Mais un non-naturiste peut-il seulement imaginer le regard des enfants naturistes sur les autres?
C'est peut-être l'enfance qui approche le plus de la "vraie vie". (André Breton)
Ce que j'ai du mal à comprendre, c'est que cette dame dit avoir été naturiste et donc, en toute logique, devrait connaître ça. Que lui est-il arrivé depuis qu'elle a cessé de l'être ?
Amitiés
Paul
Message édité par : pcma
Cher Francis, je crois que si personne n'a mentionné que le naturisme est un mouvement familial c'est que c'est pour nous tous une évidence. D'ailleurs c'est dans ce cadre que mon livre le situe.
C'est aussi parce que je partage à 100% ton point de vue sur le regard des enfants (y compris de la plupart des enfants non-naturistes) que j'essaie de le montrer tel qu'il est. Les naturistes le savent, je pense (peut-être pas tous, les uns parce que le problème ne s'est pas posé pour eux, les autres parce qu'encore néophytes), et ma tentative est de le faire savoir aux autres.
Pourquoi certains ne veulent-ils manifestement pas le savoir ? Les raisons peuvent en effet être multiples. Il me semble que la plus importante, et que j'avais sans doute sous-estimée, est celle-ci : ce regard innocent d'enfants dont, comme tu le dis, les parents réagiraient autrement, effraie ces parents parce qu'il signifie l'autonomie de leur jugement. Et comment protéger ses enfants s'ils ont un jugement autonome ?
Difficile d'admettre que c'est justement cette autonomie (informée, bien sûr) qui est leur meilleure protection. Difficile d'admettre que l'enfant est une personne qui n'appartient pas à ses parents.
Je crois en définitive que les parents les plus choqués par mon livre sont ceux qui savent au fond d'eux-mêmes qu'il dit vrai - ceci répond sans doute à ton interrogation, Paul !- et que cette vérité dérange parce qu'elle les effraie.
Et comme on sait, "Le premier qui dit la vérité ..."
J'espère que je ne suis pas en train de devenir paranoïaque !
P.S. Une autre réaction de voisin qui me fait confiance : j'ai sans doute raison, mais il ne fallait pas en parler, il ne fallait pas faire de vagues. Suis-je Don Quichotte ? Permettez : Don Quichotte ne se bat que pour ses rêves, moi c'est pour "la cause des enfants" comme disait Dolto et je ne crois malheureusement pas rêver qu'ils sont en danger.
