En fait, pour que ça marche, il faut soit un député ou un sénateur qui va vraiment s'impliquer dans le dossier, aller chercher les uns et les autres un par un pour faire avancer la cause qu'il a choisi de défendre,
ou quelqu'un de bien placé dans l'exécutif et qui se saisira de la question.
Pas forcément le ministre lui-même, mais quelqu'un de son cabinet qui préparera le dossier.
Dans la pratique, c'est cette solution qui est vraiment efficace.
Comme je le disais, le Code Pénal va devoir être toiletté, notamment à la rubrique des infractions sexuelles, et notamment à la question de l'exhibition sexuelle.
Il va devoir l'être car si une QPC était soulevée, le Conseil Constitutionnel déclarerait que l'article 222-32 ne définit pas assez précisément ce qu'est et ce que n'est pas une exhibition sexuelle.
Et dans ce toilettage, il y a au gouvernement et dans l'administration des équipes qui travaillent là-dessus, il y a des réunions interministérielles etc.
Et cette question de l'exhibition ne sera qu'une parmi d'autres, et c'est là qu'un conseiller technique (par exemple) dira "au fait, Mmes et MM, on fait quoi du 222-32? parce que voyez-vous, ça a conduit à d'un côté sanctionner des gens simplement nus dans leur jardin ou dans un pré, et dans l'autre, à relaxer un homme qui se masturbait devant un enfant, ou un couple qui s'envoyait en l'air sur la pelouse d'un parc urbain, au motif que le sexe n'était pas directement visible". Et là, les juristes du ministère de la Justice, mais aussi de celui de l'Intérieur, regardent ce qui nécessitera une loi, un arrêté, une circulaire, ce qui fera l'objet d'une discussion spéciale, d'une loi spéciale, ou ce qui sera intégré dans un ensemble plus vaste et n'en sera qu'un détail.
Pas besoin forcément de demander "M le député, M le ministre (je mets M par commodité, ça comprend aussi les femmes), que faites-vous pour le naturisme?".
C'est plutôt avoir une personne dans la place, pas forcément naturiste elle-même mais qui trouve aberrant qu'on puisse considérer qu'une nudité simple soit considérée comme une exhibition sexuelle, et par conséquent classée comme agression sexuelle.
Et cette personne veillera, parmi la masse de nouveaux textes pondus, à ce qu'au passage, la notion d'exhibition sexuelle soit précisée.
Cette personne idoine peut être soit quelqu'un travaillant au ministère (en pratique, Justice ou Intérieur), soit un parlementaire siégeant en commission des lois.
Faute que la personne soit bien placée, dans les groupes de travail idoines, la question au parlementaire risque de connaître le même sort que les amendements déposés contre le mariage pour tous, une question parlementaire parmi tant d'autres comme un amendement parmi des milliers d'autres.
En fait, depuis 2002 et le Manifeste pour la dépénalisation de la nudité, rédigé par l'association Natitude, la question n'a pas bougé.
Ce Manifeste avait donné lieu à une question du député François Liberty (un beau nom, 😉 ), et une réponse alambiquée du Garde des Sceaux qui en gros disait que le naturisme c'était un droit mais qu'il appartenait aux tribunaux de réprimer l'exhibition sexuelle. La réponse ne disait pas ce qu'était ou n'était pas l'exhibition sexuelle, donc ne répondait pas à la question.
Depuis, deux autres questions ont connu des réponses du même ordre, ça se borne à dire qu'il existe un article pour réprimer l'exhibition et que les tribunaux sont souverains.
En rugby, on appelle ça botter en touche.
Donc, plutôt que d'appeler à écrire aux députés (ce que j'avais personnellement fait il y a une dizaine d'années avec le Manifeste, qui avait été envoyé à tout le monde), je préfère poser la question ici:
connaissez-vous dans vos relations, y compris indirectement si vous pouvez utiliser l'entremise de votre intermédiaire), quelqu'un qui travaille au ministère de la Justice, de l'Intérieur, notamment dans le cabinet du ministre, ou un député ou sénateur qui siège non seulement dans la commission des lois, mais plus particulièrement dans les groupes de travail qui pourraient se consacrer à cette question, ou encore à un secrétaire national du PS chargé des questions de justice et de maintien de l'ordre, qui pourrait s'occuper de notre question?
Il nous faut trouver the right man at the right place, et comme nous sommes assez nombreux sur Vivrenu (+ les relais que nous pouvons avoir sur les réseaux sociaux et autres forums), ça ne doit pas être impossible.
(Je connais personnellement une sénatrice, mais comme elle est en ce moment très investie sur la question du mariage pour tous, il faut que j'attende).
Bien sûr on ne va pas arrêter les randonues parce que ça n'est pas dans le calendrier parlementaire ou gouvernemental.
De toutes façons, si on te disait "par tactique, reporte tes randonues à une autre période", je sais que tu ne pourrais pas.
Les randonues, leur médiatisation, c'est du travail en continu, sensibiliser les élus, ça peut aussi se faire à tout moment;
En revanche, pour ce qui est d'obtenir un changement soit législatif soit de la pratique (car comme pour la légalisation des seins nus il avait suffi d'une simple circulaire aux procureurs, on peut légaliser la nudité par une simple circulaire "dorénavant, il vous sera demandé de ne plus poursuivre les cas de nudité simple"), il faut une "fenêtre de tir".
En ce moment, si on les branche sur ce sujet, ils vont répondre qu'il y a encore 1294 amendements à examiner (ou du moins à rejeter), et qu'ensuite il y a d'autres sujets dans la liste d'attente.
Ou plus probablement, ils ne répondront pas.
Mais je sais, parce que j'ai un certain nombre de condisciples dans les ministères, qu'après le mariage, la réforme de la famille, la bioéthique et la fin de vie, qui sont dans la liste d'attente, après, il peut y avoir un créneau.
Il n'est peut-être pas opportun de brûler ses cartouches maintenant, le contexte sera sans doute plus porteur une fois ces lois ci-dessus votées.
Pour avoir parlé très récemment avec un député, j'ai pu contasté que nos réprésentants étaient très sensibles aux courriers des administrés dans la mesure où ceux-ci sont nombreux, divers, argumentés sans agressivité ou outrances et personnalisés (peu d'impact en ce qui concerne un envoi en nombre de lettre stéréotypée ou de cartes imprimés) 😉
Oui Christian, c'est pourquoi les pétitions sont peu efficaces, ou les envois en nombre comme ceux que peuvent recevoir les députés contre le mariage pour tous par exemple.
Le problème, c'est que les gens ont plus tendance à écrire contre qu'écrire pour.
Il y aura donc des courriers de gens qui se plaignent de la présence de gens nus, on voit mal des naturistes se plaindre de la présence de gens habillés, même sur des lieux naturistes, car si c'est un lieu privé, c'est entre usagers du lieu que ça doit se régler, et si c'est un domaine public, plage naturiste, eh bien il n'est pas interdit d'y être habillé.
(Dans le cas d'une refonte de la législation, à partir du moment où l'on définirait des zones réservées à la nudité et d'autres où elle serait interdite, on pourrait envisager qu'il soit obligatoire d'être nu sur une zone définie comme naturiste, mais là on est pour le moment dans le domaine des hypothèses).
Là où le député ou le maire pourrait recevoir des récriminations, c'est quand on supprime une plage naturiste: les naturistes font valoir leur bon droit.
Que pouvons-nous donc faire?
- Leur écrire pour leur dire que c'est dommage que si l'on veut pratiquer le naturisme, il n'y a rien et il faut aller loin, alors qu'il y a ici des plages, des lacs, des rivières, qui s'y prêteraient parfaitement.
- leur écrire en mentionnant que le problème ne touche pas spécifiquement leur circonscription mais est national et c'est au législateur qu'on s'adresse. Un député est sensible au fait qu'on s'intéresse à celui qui fait les lois et qu'on ne l'embête pas pour des questions de crottes de chien, de largeur du trottoir ou d'horaires d'ouverture du cimetière, questions locales qui ne concernent pas le législateur mais regardent le maire.
- expérience personnelle de militant cycliste: le député sera sensible qu'on lui apporte un dossier déjà préparé, avec législation actuelle, ce qu'il y aurait à modifier, exemples de législations étrangères, exemples pratiques (quand on s'adresse au maire) tirés d'autres communes.
Prenons l'exemple où l'on demande au maire qu'il y ait une plage naturiste sur sa commune: il va demander ce qu'il doit faire (arrêté municipal? comment doit-il être rédigé etc., panneaux: quels panneaux mettre, où se les procurer, y a-t-il des panneaux officiels? Est-ce que ça s'applique aux zones réglementées ou non réglementées de la plage, ou aux deux?
Je vois dans ma ville (Haus-de-Seine) comment ça s'est passé.
La présidente de notre association de promotion du vélo en ville est venue avec un dossier complet sur les réglementations de la voirie, sur les divers aménagements possibles (bande cyclable (sur la chaussée ou sur les trottoirs), piste cyclable, signalisation, zones 30 et contre-sens cyclistes, avec l'arsenal législatif de tout ça et le chiffrage budgétaire, y compris qui aurait à payer.
Cela a permis par exemple de répondre dès le 1er RV "l'aménagement de l'avenue Machin, ce n'est pas la commune qui paierait mais le département car c'est une voirie départementale".
Bref, du tout cuit, l'adjoint n'a pas eu à faire travailler ses services sur ce sujet, il a pu tout de suite en discuter avec le conseil municipal.
En revanche, si nous n'étions venus que comme demandeurs, nous serions encore là en train de demander, il aurait traîné les pieds en disant "c'est compliqué, il y a une règlementation à respecter, des coûts, des problèmes de répartitions de compétences entre la ville, la communauté d'agglomération, le département, l'Etat..."
Si moi je voyais mon député (Patrick Devedjian pour ne pas le citer; mais il y a peu de chances que je prenne RV avec lui, il me connaît et sait que j'ai milité pour son adversaire), voici comment je l'aborderais:
- vous êtes avocat de formation: voici quatre cas passés devant les tribunaux:
A : un homme se masturbe juqu'à éjaculation sous son short devant un enfant qui, intrigué, fixe intensément la scène
B: une femme promène son mari en laisse en ville, le mari est nu et la laisse est attachée au sexe.
C: un homme est nu dans son jardin
D: un homme est nu sur une plage où il est seul, il s'endort mais il est réveillé par des policiers qui l'interpellent.
Qui a été condamné, qui a été relaxé, et quelles ont été les peines?
Trouvez-vous que la législation soit adaptée?
(Pour mémoire, mais ces infos je les ai trouvées sur vivrenu, A a été relaxé, au motif que le sexe n'était pas visible (comme ont été relaxés l'homme et la femme copulant sur la pelouse en plein centre-ville parce que la femme avait gardé sa jupe et l'homme son pantalon, il n'y avait aucun doute quant à leur activité mais les sexes n'étaient pas visibles; au reste dans ce cas, on pourrait dire que si un homme a sa bite enfoncée (pardonnez ma crudité) et que l'homme et la femme sont nus, on ne voit rien d'autre que les fesses et donc pas les sexes!),
B ils ont été condamnés à 10EUR d'amende (mois que lorsqu'on n'a pas mis assez de pièces dans l'horodateur)
C et D ont été condamnés pour exhibition sexuelle, alors que D dormait donc on voit mal quelle activité sexuelle il pouvait avoir et que si des gens étaient gênés, ils pouvaient se mettre ailleurs, quand il est arrivé il n'y avait personne.
J'embrayerais en lui demandant ce qu'il estime devoir être réprimé, la volonté de choquer, la provocation, les actes sexuels, ou le simple fait d'être nu?
Et toujours en lui passant de la brosse à reluire, "vous êtes juriste, vous êtes législateur".
Je n'attends rien de mon député là-dessus, mais il peut y avoir à droite comme à gauche des députés ou sénateurs (ne pas oublier les sénateurs!) qu'ont peut travailler au corps.
(Devedjian, c'est en lui répondant que Christiane Taubira l'autre jour a attrapé le fou-rire, quand elle a réalisé ce qu'elle venait de dire, "je vais vous répondre petit bout par petit bout" 😀
...elle répondait à Philippe Gosselin et non patrick Devedjian... 😛
Je cherchais justement un endroit pour poser la question "que fait-on pour faire progresser notre cause ?".
J'ai lu pas mal de chose qui m'ont bien fait rire sur ce fil de discussion en particulier sur la couleur politique des Parlementaires qui seraient favorables ou défavorables au naturisme.
Ce que je pense c'est que le Gouvernement actuel s'est beaucoup occupé des minorités mais ne semble pas disposé à s'occuper du naturisme parce que ça ne rapportera pas de voies (néanmoins cela rapporte du tourisme étranger), et que le naturisme n'a pas de couleur politique prédictible par les énarques. De plus il est probablement un peu tard pour qu'il le fasse surtout compte tenu des événements graves qui vont lui apporter une masse de travail considérable.
Alors que peut-on faire ?
Avant tout que voulons-nous faire ?
Pour faire évoluer la loi il ne faut pas oublier les Sénateurs, ce sont des élus plus proches des territoires que les Députés, certainement moins politisés et souvent plus abordables que ces derniers.
Je ne suis pas sûr que l'action la plus rentable à court terme soit l'évolution de la loi même si elle peut rester un objectif à terme.
Déjà si nous avions des espaces naturistes reconnus, correctement répartis sur tout le territoire et pas uniquement sur le littoral ce serait pas mal. Pour ça, ce sont les Maires les meilleurs interlocuteurs.
Par ailleurs il ne faut pas oublier que des élections se profilent, je ne parle pas des cantonales de mars, trop tard, mais les régionales et les présidentielles.
Alors tous ceux qui connaissent de près ou de loin un élu, Maire, Conseiller municipal, Député, Ministre ou ancien Ministre pourquoi pas, mouillent la chemise et profitent des campagnes électorales pour la ramener.
Autre piste, tous ceux qui sont encartés ou simplement sympathisants d'un parti politique doivent savoir que les partis commencent à préparer les programmes pour 2017, c'est le moment d'envoyer des contributions pour notre cause.
Allez, au boulot !
Faire du lobbysme auprès des élus, pourquoi pas ?
Attention à choisir le bon cheval pour 2017, qui est loin est proche à la fois.
Il y a deux mois, sondeurs et politologues s'accordaient sur un chiffre hallucinant de 50 à 70 députés PS qui pourraient retrouver leur siège.
Ça vaut ce que ça vaut si loin de l'échéance.
Vu le regain de popularité récent de l'exécutif, ces chiffes ne sont surement plus valables.
Faire du marketing politique, ça ne s'improvise pas.
Ça suppose des outils, savoir faire une présentation, le naturisme, c'est quoi, ça pèse combien.
Donc des chiffres, chiffre d'affaire du naturisme, combien de divisions.
😉
Idéalement, c'est validé FFN, même si ce n'est qu'un vernis, ça une légitimité, critère auquel un élu est sensible.
Ceci dit sans dénigrer la pertinence et la portée d'une initiative individuelle au niveau d'un maire.
Encore faut il une FFN irréprochable vis à vis d'endroits qui n'ont de naturiste que le nom (suivez mon regard du côté de Cap d'Agde limitrophe Marseillan) ou vis à vis de pratiques discriminatoires.
Ensuite, il y a les réseaux sociaux (dont je ne suis pas fan, mais c'est hors sujet), ça m'a l'air drôlement efficace.
Et puis, ça séduit les jeunes.
L'un (action politique) et l'autre (utilisation des FB, Tweeter...etc) n'excluant pas l'autre.
Mais comment fait on pour qu'une cause bénéficie d'un marketing viral sur le Web, je n'en sais rien du tout.
Il m'est déjà arrivé, en dehors du naturisme, d'émettre mes idées auprès d'élus par écrit, au tel cas j'envoie au moins deux courrier: un à un élu de la majorité et l'autre à un élu de l'opposition. J'ai seulement constaté dans cette expérience rare ( cela a du m'arriver deux trois fois) que nos députés n'en ont rien à faire car à chaque fois, il y eut absence de réponses, sauf une fois par un ministre ( que je ne connais pas personnellement) sur un sujet concernant l'enseignement.
