20 mars 2026

Sud-Ouest du 4/10/5: Le dossier d'instruction bouclé à Montalivet

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 duke
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MONTALIVET. -- L'instruction sur la reprise du centre naturiste est close. Les soupçons de blanchiment et d'escroquerie n'ont pas été confirmés. Les poursuites portent sur des abus de biens sociaux.

Le dossier d'instruction bouclé

Dominique Richard

Créé par des utopistes sur les terres dévastées par le grand incendie de 1949, le Centre héliomarin de Montalivet accueille chaque été plusieurs dizaines de milliers de « culs nus ».
A la fin des années 90, cette Mecque européenne du naturisme avait pris les allures d'un bateau ivre. Au désintéressement, au militantisme des fondateurs, avaient succédé d'infernales guerres intestines sanctionnées par des putschs épisodiques.

Victime d'un tsunami interne, l'ancien directeur, René Gracia, propriétaire du quart des actions de la Socnat, s'était en quelque sorte vengé en se rapprochant, dès 1997, de l'homme d'affaires varois Didier Vacher. Le contact, facilité par un ancien nageur de combat devenu le responsable de la sécurité du Conseil régional Provence-Côte d'Azur, avait débouché sur un accord singulier.

Après avoir vendu ses parts, René Gracia avait aidé les deux hommes à ramasser les actions éparpillées en France et à l'étranger entre 1 750 détenteurs !

OPA.

Pour ne pas apparaître, Didier Vacher avait fait appel à des relations professionnelles et à des proches pour ventiler dans différentes sociétés les actions récupérées au terme d'un démarchage systématique. L'ordonnance de renvoi rendue par le magistrat instructeur évoque même des « menaces » proférées à l'encontre des récalcitrants et « la présence intimidante dans l'enceinte du centre d'anciens mercenaires ».

Soucieux d'éliminer toute opposition, Didier Vacher avait aussi racheté en sous-main plusieurs fonds de commerce situés au coeur de ces 170 hectares de pinède, qui donnent sur 2,5 km de plage. Opération d'autant plus audacieuse qu'il était alors en difficulté financière dans le Var, où plusieurs de ses entreprises venaient d'être placées en liquidation. Mais l'enjeu justifiait cet exercice de haute voltige. Pour une mise de 2 millions d'euros, il jetait son dévolu sur un site dont il évaluait la valeur à 15 millions !

Réserves suisses.

L'OPA sur Montalivet a été principalement financée par des investisseurs privés, comme le propriétaire forestier Bruno Mallet ou le commerçant girondin Jean-Claude Dauvergne. Le solde venait de Suisse, où le golden boy disposait de réserves dont la justice n'a pu pour l'instant déterminer l'origine. Les bailleurs de fonds sont inquiétés pour recel d'abus de biens sociaux, dans la mesure où ils ont ensuite accepté, en guise de remboursement de leurs prêts personnels, des chèques tirés non sur le compte de Didier Vacher mais sur ceux des sociétés qu'il gérait directement ou indirectement. Inversement, Didier Vacher est poursuivi pour avoir remboursé des dettes personnelles en utilisant la trésorerie de ses entreprises. Mais les 3 millions d'euros d'abus de biens sociaux qui lui sont reprochés concernent également des mouvements de fonds entre les sociétés de sa galaxie (surfacturations, abandons de créance, avances non remboursées) et des prélèvements à des fins privées (billets d'avions, voyages, participation à des rallyes africains...).

« Délire ».

« Quand on voit d'où on est parti et là ou on arrive, c'est édifiant », tempère Me Jean Gonthier, qui défend aujourd'hui Didier Vacher aux côtés de Me Benoit Ducos-Ader. On parlait de la pègre, d'argent sale, de dépôts d'armes des mercenaires. Cette affaire, c'est tout simplement l'immixtion du capitalisme dans le microcosme social et culturel de Montalivet. Il n'y a tout au plus que des abus de biens sociaux formels. Personne n'a été lésé. Un premier écrémage a été fait. Un second devrait avoir lieu devant le tribunal correctionnel ».

Le procès ne se déroulera pas avant le début de l'année prochaine. D'ici là, les avocats de la défense espèrent bien obtenir de la justice l'invalidation des constitutions de parties civiles. 149 propriétaires de bungalows, actionnaires et administrateurs réclament toujours des dommages-intérêts à Didier Vacher et à ses proches, même si l'homme d'affaires a semble-t-il cédé tout ou partie de ses actions à son successeur François Cros.

En savoir plus : Les faits.

Cinq ans après les premières plaintes déposées par les actionnaires minoritaires de la Socnat, la société gestionnaire du Centre naturiste de Montalivet, l'information judiciaire est close. Didier Vacher, l'ancien PDG de l'entreprise, son bras droit Jean-Marc Rubio, l'analyste financier Jean Michel Blanco, le sylviculteur médocain Bruno Mallet et le charcutier girondin Jean Claude Dauvergne viennent d'être renvoyés devant le tribunal correctionnel par le juge d'instruction bordelais Alain Gaudino.
A des degrés divers, ils devront tous répondre d'abus de biens sociaux et de recel commis, selon l'accusation, avant et après la reprise du site naturiste.

En revanche, les autres chefs de mise en examen, dont ceux de blanchiment et (ou) d'escroquerie en bande organisée, initialement retenus à leur encontre, ont tous été abandonnés. En dépit d'investigations poussées, l'origine délictuelle des fonds mobilisés par Didier Vacher n'a pu être démontrée.

(1) La femme de Didier Vacher et sa belle-mère, ainsi que plusieurs autres chefs d'entreprise sont renvoyés en correctionnelle

Voici l'URL de la page. http://www.sudouest.com/041005/reg_gironde.asp?Article=041005a46409.xml


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