« Droit de réponse à Alain L. » : Éthique naturiste et liberté d’expression à La Jenny
Lettre de réponse adressée à Alain L., membre du Conseil de surveillance du domaine de La Jenny. Ce dernier m’a ouvertement mis en cause dans un courrier électronique diffusé à de nombreux adhérents de l’Association des Amis de La Jenny, sans m’en adresser de copie directe et m’ôtant ainsi toute possibilité d’exercice immédiat du droit de réponse.
Informé récemment de ce texte par un ami résident du domaine, je tiens à rétablir rigoureusement les faits point par point.
1. Prétendu refus de dialogue et mesure d’exclusion
Alain L. écrit :
« Soutien de l’association à Gilles ? Le conseil a rencontré ce locataire. Il lui a demandé de respecter le règlement intérieur du village élaboré grâce à un travail en commun du conseil de surveillance et de notre Association et adopté à l’unanimité des associés. Aucun dialogue n’a été possible : affichage sauvage, prosélytisme, agression, propos raciste…. Ce n’est pas à un locataire de dicter leur conduite aux propriétaires et associés de notre village.
Le conseil de surveillance, dans sa séance du 8 août à l’unanimité, a exigé de la Direction du village de signifier conformément à l’article 1 du règlement intérieur à Mr que tout séjour à la Jenny lui sera refusé. »
Réponse de Gilles :

J’ai moi-même sollicité un rendez-vous auprès de Patrice G. le lundi 12 juillet afin d’échanger sur des supports d’information à diffuser dans le centre. Ces documents, préalablement remis la semaine précédente, provenaient essentiellement de la CERCI (Commission Études, Réflexions et Communication de la Fédération Française de Naturisme – FFN) et incluaient notamment le Livret d’accueil des naturistes.
Trois membres du Conseil de surveillance ont assisté à cet entretien. Contrairement aux affirmations d’Alain L., aucune concertation n’a été autorisée : mes interlocuteurs se sont exclusivement appliqués à me signifier que je n’avais ni légitimité ni droit de parole pour aborder la communication sur la nudité au sein du domaine, concluant promptement que ma présence au village n’était plus souhaitable.
L’entretien s’est achevé sur ce constat de fermeture. J’en ai immédiatement informé plusieurs copropriétaires ainsi que le bureau de l’association Natitude.
S’il y a eu absence de dialogue, il convient de ne pas inverser les responsabilités. En outre, prétendre m’avoir « demandé de respecter le règlement » est infondé : j’ai toujours scrupuleusement respecté le règlement intérieur du domaine.
Concernant les accusations d’agression, la réalité est tout autre : lors d’un incident survenu sur place (consulter le récit détaillé de l’altercation), plusieurs témoins ont déposé auprès de la gendarmerie pour attester qu’un groupe de 4 à 5 personnes menaçantes s’en prenait physiquement à moi avant d’être interposé par des animateurs du centre. Cet événement a manifestement servi de prétexte opportun pour formaliser une décision d’exclusion préconçue.
2. Sur le soutien associatif et les services de location
Alain L. écrit :
« Celui-ci semble se targuer d’un soutien inconditionnel de notre Association. […] Son initiative sur la location en direct semble cautionnée par notre Association. Notre Association aurait pu tout à fait mettre en place un tel service de location en direct. Nos adhérents sont-ils tous d’accord pour confier nos destinées à Mr ? »
Réponse de Gilles :
Je n’ai jamais prétension bénéficier d’un mandat ou d’un soutien inconditionnel de l’association. Mes analyses et propositions sont partagées par de nombreux résidents, et discutées librement avec d’autres.
L’ouverture d’un module de petites annonces de location entre particuliers dédié à La Jenny sur la plateforme Vivrenu relève d’une initiative strictement personnelle, gratuite et libre d’accès. Proposer un outil d’entraide aux propriétaires ne revient en aucun cas à « régir la destinée » de quiconque. Les propriétaires bailleurs demeurent pleinement indépendants dans la gestion de leurs hébergements.
Par ailleurs, je réitère toute mon estime envers l’action de l’Association des Amis de La Jenny, dont l’engagement pour le développement du domaine mérite d’être pleinement soutenu.
3. Signalétique naturiste et réglementation ONF
Alain L. écrit :
« Les réactions de l’ONF sur ces affichages sauvages risquent de nous interdire de transiter nus jusqu’à la plage. »
Réponse de Gilles :

Le rappel des faits s’impose : la signalétique informative temporaire posée en bordure de plage n’est restée en place que vingt-quatre heures. Dès qu’un agent de l’Office National des Forêts (ONF) m’a demandé de ne pas apposer de panneaux sur le domaine public forestier, je me suis immédiatement conformé à cette consigne.
Établir un lien de cause à effet entre ces affichages et une prétendue interdiction du transit nu vers le littoral est une extrapolation sans fondement.
Les mentions figurant sur ces panneaux indiquaient simplement : « Zone naturiste — Ni maillots, ni paréos, ni bermudas ». Il s’agit d’un énoncé conforme à la signalétique retenue par de nombreuses municipalités littorales ayant pris des arrêtés de délimitation de zones naturistes. En l’absence de tout panneau officiel à l’accès de la plage, une clarification est pourtant indispensable : au regard de l’article 222-32 du Code pénal relatif à l’exhibition sexuelle, l’information du public non averti est une mesure élémentaire de protection juridique pour l’ensemble des pratiquants.
4. Débat sur la nudité : Pédagogie vs Laxisme textile
Alain L. écrit :
« La canicule de l’an passé nous a tous fait prendre conscience d’une certaine dérive. […] Faire preuve de pédagogie, d’initiative nous paraît mieux adapté que de manier l’interdit. […] On ne naît pas nudiste, on apprend à le devenir. Soyons humanistes et non fascistes. Celui qui exige la nudité inconditionnelle de l’autre n’éprouve aucun plaisir de sa propre nudité : Il s’agit d’une déviation sexuelle : le voyeurisme. Pour avoir observé le comportement de Mr, il fait partie de cette catégorie. »
Réponse de Gilles :
La dérive vestimentaire au sein du village avait déjà été signalée par mes soins dès la saison 2003 auprès de la direction. C’est précisément face à l’absence de réponse structurée qu’a été créée la plateforme d’information Vivrenu.com.
Les mesures pédagogiques actuelles demeurent insuffisantes. À titre de comparaison, des structures comme Cap d’Agde (secteur Cap Natur) parviennent à maintenir un taux de pratique effective de la nudité de 80 à 90 % (contre 50 à 60 % observés à La Jenny) grâce à un accueil explicite et à une sensibilisation systématique des nouveaux arrivants. La pédagogie consiste à expliquer et accompagner le « vivre nu », non à tolérer l’abandon progressif des principes fondateurs du domaine.
Nous nous accordons sur un point : on ne naît pas naturiste, on le devient. Il est donc indispensable d’informer clairement les vacanciers. D’après les résultats du sondage mené sur l’ambiance naturiste à La Jenny, une grande majorité des résidents préconise l’instauration d’une charte formelle d’engagement au respect de la nudité.

Associer le rappel du règlement intérieur à du « fascisme » constitue un dérapage verbal inacceptable. De même, la tentative de me qualifier de « voyeur » au motif que je demande le respect des règles collectives est absurde. Le règlement intérieur d’un centre naturiste repose par définition sur la pratique de la nudité en commun. L’inversion des rôles est flagrante : le voyeurisme consiste à conserver ses vêtements tout en observant la nudité d’autrui, non à promouvoir la nudité partagée et égalitaire.
Ces attaques personnelles ad hominem ne sauraient masquer le fond du problème : la perte d’identité d’un village naturiste confronté au laxisme de sa gestion.
5. Liberté d’expression sur Internet et gouvernance
Alain L. écrit :
« Les sites Internet […] dont les propos visent à nuire à l’image de notre village dont chacun se plaît à dire, malgré toutes les imperfections, qu’il reste un paradis ! […] Ce texte n’engage que ma seule responsabilité…. comme toujours. »
Réponse de Gilles :
Les espaces de discussion en ligne sont des vecteurs de liberté d’expression indispensables lorsque les canaux institutionnels locaux sont verrouillés. Défendre un point de vue critique sur la gestion d’un domaine n’est pas « nuire à son patrimoine », mais au contraire œuvrer pour la préservation de son authenticité et de son attractivité auprès des véritables naturistes.

Il est utile de rappeler ici la définition internationale du naturisme adoptée par la FNI (Fédération Naturiste Internationale) :
« Le naturisme est une manière de vivre en harmonie avec la nature, caractérisée par la pratique de la nudité en commun, qui a pour but de favoriser le respect de soi-même, le respect des autres et le soin pour l’environnement. »
La Jenny a longtemps été une référence du « vivre nu », immortalisée notamment dans le film de Robert Salis. Elle ne doit pas devenir un simple village de vacances textile sous couvert de concessions commerciales.
Je signe cette réponse publiquement et en assume l’entière responsabilité. Le débat d’idées doit pouvoir s’appuyer sur la transparence, la rigueur des faits et le respect de la liberté d’expression de chacun.
Naturistement,
Gilles Bauchart
Fondateur de Vivrenu.com


Les Centres devraient pouvoir s’assurer le concours de vigiles qui obligeraient les populations des villages naturistes à se déshabiller totalement dans les limites de ceux-ci. A Aphrodite, il y a des panneaux, avant d’accéder à la plage, montrant un dessin : un string sur une femme ; le string est barré d’une belle et grosse croix de Saint André Rouge ! Pourquoi ne pas installer cette signalétique dans tous les Centres ! C’est tellement agréable d’aller faire ses commissions tout nu. Tous Nus ensemble à la supérette : c’est délicieux. Ce doit être très agréable d’aller déjeuner au restaurant dans le plus simple appareil : quel délice ! Une anecdote sur la nudité : j’étais à Aphrodite en 1988. J’ai vu dans la supérette, une dame toute Nue qui faisait ses commissions. qua merci pour .